Bruxelles, 17/04/2013 (Agence Europe) - Des coupes dans les budgets de soins de santé pourraient réduire aujourd'hui les dépenses publiques à court terme, mais conduiraient à des coûts plus élevés à l'avenir, notamment pour les maladies liées à l'obésité, comme le diabète, a souligné le groupe de réflexion European Centre for International Political Economy (ECIPE) lors d'une discussion d'experts au Parlement européen, le 10 avril dernier.
L'obésité est en constante évolution dans l'Union européenne et nécessite un plan d'investissement à long terme car les maladies chroniques développées par l'obésité pèseront toujours plus sur les systèmes publics d'assurance maladie, prévient l'ECIPE. L'obésité est en effet le principal facteur de risque pour les maladies non transmissibles telles que le diabète de type 2, le cancer et des maladies cardio-respiratoires. Cette préoccupation est partagée par la European Association for the Study of Obesity, qui demande des soins ciblés dès le plus jeune âge. Selon sa présidente, Gema Frühbeck, « nous parlons toujours des adultes, mais il est très fréquent d'avoir des enfants et des adolescents obèses qui resteront très certainement obèses à l'âge adulte, surtout quand ils en souffrent depuis un très jeune âge. L'impact sur la santé et les coûts en matière de santé sont appelés à se multiplier ». Les maladies contractées suite à une situation de surpoids sont effectivement plus importantes au fur et à mesure que la personne vieillit. S'appuyant sur des statistiques de l'OCDE, l'ECIPE estime qu'en l'absence de mesures de la part des autorités publiques, les dépenses en matière de santé des pays de la zone grimperaient d'une moyenne de 5,7% du PIB en 2005 à 9,6% en 2050. Selon le National Bureau of Economic Research (États-Unis), l'Espagne et l'Allemagne, par exemple, vont atteindre des records en matière de dépenses en soins de santé, requérant respectivement 25,6% et 21,4% du PIB d'ici 2050. « En termes de politique de santé publique, le scénario imminent d'une population âgée souffrant, à grande échelle, de surpoids et d'obésité suggère que les investissements dans les soins de santé destinés à soigner les maladies chroniques devraient être une priorité », indique le groupe de réflexion. « Les gouvernements doivent avoir un meilleur contrôle et une meilleure compréhension des conséquences générées par les dépenses en soins de santé et quelles conséquences elles auront à court et long terme », conclut le directeur de l'ECIPE, Fredrik Erixon. (IL)