Bruxelles, 06/03/2013 (Agence Europe) - Dans la moitié des pays de l'UE, des femmes sont victimes de mutilations génitales, en dépit des lois existantes. Viviane Reding veut éradiquer cette pratique. Elle a lancé une consultation publique pour prendre conseil sur la meilleure façon d'agir au niveau européen, et promet la tolérance zéro. Une campagne européenne de sensibilisation sera aussi financée par l'UE.
Les parties prenantes ont jusqu'au 30 mai pour transmettre leur position aux services de la Commission européenne, après quoi l'exécutif pourrait formuler une proposition législative. « L'UE s'efforcera de mettre fin à ces pratiques - non seulement à l'occasion de la Journée internationale de la femme mais bien 365 jours par an. Je demande à toutes les personnes qui ont quelque chose à dire à ce sujet de faire connaître leur point de vue sur la meilleure manière de combattre les mutilations génitales féminines », a déclaré la commissaire européenne aux Droits fondamentaux, mercredi 6 mars.
M. Reding a annoncé cette consultation publique en marge d'une table ronde consacrée à ce sujet difficile et organisée deux jours donc avant la Journée de la femme (8 mars). La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, des députés européens et des militants des droits humains au niveau international ont planché sur ce dossier.
Les discussions se sont basées sur un rapport publié par l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE). Celui-ci confirme la présence de victimes, avérées ou potentielles, dans 13 pays européens (Autriche, Belgique, Allemagne, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède et Royaume-Uni). Bien que des législations appropriées soient en place, ce sont les poursuites qui laissent à désirer, souligne-t-il. Les mutilations sont parfois pratiquées à l'étranger et les données manquent pour pouvoir agir avec rapidité et fermeté.
Afin de concrétiser la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines, Mme Reding a également annoncé que des fonds seraient débloqués. 3,7 millions d'euros permettront de financer des campagnes de sensibilisation dans les États membres. « Il y aura des campagnes nationales dans toute l'Union constituant une grande campagne européenne », a indiqué la commissaire. Les ONG bénéficieront d'une enveloppe de 11, 4 millions d'euros pour financer des projets orientés vers les victimes de mutilations génitales. Et Mme Reding d'insister pour que ces actions s'adaptent au contexte culturel et soient menées dans les communautés les plus à risque. (MD)