Bruxelles, 06/03/2013 (Agence Europe) - Le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL), Selim Idriss, a une nouvelle fois appelé les Européens à lever leur embargo sur les armes. « Nous avons des armes légères et quelques munitions légères qui ne nous suffisent pas, qui ne nous permettent pas de faire face à la machine de guerre syrienne appuyée par l'Iran et la Russie, d'où notre appel pour mettre un terme à l'embargo sur les armes en Syrie car nous sommes les premiers à souffrir de l'embargo. (…) Nous voudrions la levée car il est imposé aux victimes », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Selon M. Idriss, l'ASL n'a pour l'instant pas reçu d'armes de l'étranger et ses seules armes proviennent des combats contre le régime et du marché noir. Selon lui, l'armée syrienne libre compterait 250 000 insurgés armés « qui manquent d'armes et de munitions » et 200 000 prêts à s'engager. Avec des armes, des équipements et des munitions, « nous pourrons nous-mêmes imposer une zone d'exclusion aérienne et faire face à l'armée syrienne », a-t-il expliqué. « Si nous avons les armes nécessaires, nous pouvons faire chuter le régime en moins d'un mois », a précisé le commandant en chef.
Face à la réticence des Européens à livrer des armes, il a précisé qu'il n'est pas « tout à fait d'accord de dire que plus d'armes signifie plus de sang sur le sol syrien ». « Le régime ne respecte pas l'embargo car il reçoit des armes de la Russie et de l'Iran, nous subissons l'embargo et nous n'avons pas les moyens de nous défendre », a-t-il expliqué. Il a assuré que les armes ne se retrouveront pas aux mains de groupes terroristes. « Nous sommes prêts à accorder les assurances nécessaires pour contrôler la distribution des armes et disposés après la chute à rendre toutes les armes. » Il a précisé que l'ASL a un commandement bien organisé. « L'état-major reçoit les armes, elles sont enregistrées avec des numéros », puis distribuées, a-t-il indiqué.
M. Idriss a aussi mis en garde contre le fait que le groupe al Nasra, considéré comme terroriste par les États-Unis et qui représenterait 2,3% des combattants (5000 combattants dans le pays dont 4500 Syriens), a des moyens et que certains préfèrent donc s'enrôler avec eux qu'avec l'ASL. Tout en précisant que al Nasra « n'œuvre pas sous la houlette de l'ASL », « nous ne sommes pas contre sa participation au combat », a-t-il ajouté.
Le chef a considéré qu'il y a une « stratégie du croissant chiite pour créer une région d'influence chiite sous la houlette de l'Iran » et avec l'Irak, et dénoncé l'intrusion du Hezbollah dans le conflit. (CG)