Bruxelles, 06/03/2013 (Agence Europe) - L'UE a demandé au gouvernement israélien des explications concernant les lignes de bus mises en place pour les travailleurs palestiniens, a annoncé la porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, le 6 mars. « La délégation de l'UE en Israël a demandé des éclaircissements sur la nature de ces nouvelles lignes de bus et la manière dont les individus peuvent y accéder », a répondu la porte-parole à une question d'EUROPE. « L'UE a pris note de la déclaration du ministère israélien des Transports qu'il n'est pas possible légalement d'empêcher tout passager de bonne foi de monter dans une ligne de transport en commun », mais « les nouvelles dispositions semblent également conçues pour réduire le nombre de Palestiniens qui circulent sur les lignes de bus populaires auprès des colons israéliens », a expliqué la porte-parole. Elle a précisé qu'il semble que les lignes supplémentaires pour acheminer les travailleurs palestiniens voyageant vers Israël s'arrêtent à des endroits où il est « extrêmement » peu probable que des colons israéliens embarquent, même si leurs emplacements sont pour l'instant incertains. « Cela a soulevé un certain nombre de préoccupations, notamment de la part d'individus et groupes palestiniens et israéliens, en ce qui concerne la ségrégation dans les transports publics », a-t-elle précisé.
Des députés européens craignent une ségrégation
La députée européenne S&D Véronique de Keyser (Belgique) a souligné que les bus ne sont qu'un des éléments de toute une politique qui ressemble à l'apartheid. « On s'achemine vers une société d'apartheid, on n'y est pas tout à fait, on le justifie au nom de la sécurité », a-t-elle expliqué à EUROPE, mettant aussi en avant la construction du mur ou encore des autoroutes réservées aux Israéliens. « Ce n'est rien de nouveau, encore un élément à ce puzzle », a-t-elle précisé. Elle a souhaité que toutes les institutions européennes dialoguent avec les Israéliens et « mettent en évidence que la ségrégation et l'apartheid sont contraires aux valeurs qu'il y a dans nos accords ».
Pour son collègue GUE, Paul Murphy (Irlande), la mesure fait « clairement partie d'une politique raciste ségrégationniste ». Faisant référence à la ségrégation dans les bus aux États-Unis jusqu'en 1956. Il a précisé que « l'État israélien veut aller encore plus loin, avec la ségrégation par bus ». Pour lui, l'argument sécuritaire est aussi « un argument raciste » car cela veut dire que l'on « considère les Palestiniens comme des terroristes du fait qu'ils sont Palestiniens ». (CG)