Bruxelles, 31/01/2013 (Agence Europe) - La sortie du rapport de la société américaine Pimco sur les besoins en recapitalisation du secteur bancaire chypriote, attendue samedi 2 février, devrait permettre de faire la lumière sur la question de la viabilité de la dette de Chypre. Le document préliminaire tablait sur environ dix milliards d'euros pour le renflouement des banques. Si une révision à la baisse des estimations de Pimco est attendue (entre 8 et 9 milliards d'euros), le ministre des Finances chypriote, Vassos Shiarly, a évoqué le chiffre de 10 milliards, jeudi, lors d'une rencontre avec les députés néerlandais.
Outre une aide pour la recapitalisation bancaire, Nicosie aurait besoin de 6 à 6,5 milliards d'euros notamment pour assurer le service de la dette existante. Le montant d'une aide pourrait alors représenter 100% du PIB chypriote, soulevant des doutes sur la capacité de l'île à rembourser les fonds empruntés.
La structure de la dette rend difficile une éventuelle restructuration. Selon la Deutsche Bank, 47% de la dette est détenue par les banques chypriotes et 28% par des gouvernements étrangers. M. Shiarly a pourtant évoqué à la Haye une mise à contribution des créanciers 'junior', c'est-à-dire ceux n'étant pas prioritaires en matière de remboursement.
Soutien russe. Afin de contenir le niveau d'endettement, Nicosie a demandé à Moscou d'étendre la maturité du prêt de 2,5 milliards accordé en 2011 « jusque 2018 », selon une source. Les médias parlent quant à eux de 2022. Selon cette source, cela n'engendrerait pas de coûts supplémentaires liés à de nouveaux taux d'intérêt. Une contribution additionnelle russe pourrait éventuellement se faire via le FMI. Selon Nicosie, Moscou serait en contact direct avec la Commission européenne.
Le rapport Pimco bientôt disponible, les Dix-sept devraient évoquer le cas de Chypre lors du prochain Eurogroupe, lundi 11 février. De nombreuses voix à Berlin s'interrogent sur le risque que représente un défaut de l'île, dont la richesse représente à peine 0,2% du PIB de l'Eurozone. Plusieurs députés du Bundestag se sont également inquiétés de venir en aide à un État qu'ils considèrent comme un paradis fiscal. La même source, nullement inquiète, a considéré que ces propos intervenaient uniquement dans un contexte électoral en Allemagne.
Candidat favori aux élections législatives du 17 février, le leader du Rassemblement démocratique, Nicos Anastasiades, a estimé que lorsque les Européens se rendent compte que le partenaire est déterminé à mettre en œuvre les termes de l'accord, alors ils sont plus enclins à faire preuve de solidarité. C'est ce qui s'est passé, selon lui, avec le gouvernement grec d'Antonis Samaras.
Les libéraux inquiets. Sir Graham Watson, eurodéputé et président du parti libéral européen, a dénoncé la discrimination des chaînes chypriotes à l'encontre de la candidate libérale Praxoula Antoniadou-Kyriacou, qui a été contrainte de faire appel à la Cour de justice pour une représentation médiatique équilibrée. « Le droit de chaque candidat à s'exprimer est fondamental dans la démocratie moderne européenne », a t il déclaré. Compte tenu de la récente Présidence chypriote du Conseil de l'UE, « il est profondément regrettable qu'une action juridique soit nécessaire pour garantir ce droit », a-t-il ajouté. (EL)