Bruxelles, 31/01/2013 (Agence Europe) - Plusieurs ministres des Affaires étrangères européens ont émis des réserves, jeudi 31 janvier ; sur la levée de l'embargo, souhaité par la France et le Royaume-Uni (EUROPE 10775). « Je ne suis pas convaincu que ce soit une avancée sage (wise move) », a déclaré le Néerlandais Frans Timmermans, expliquant que cela pourrait amener à une prolifération des armes dans la région et à une escalade de la situation, tout en étant « réaliste » sur le fait qu'une partie dans le conflit (le régime) reçoit des armes de l'extérieur et en soulignant que « la coalition est de plus en plus frustrée du fait que ses opposants ont un soutien international et pas elle ». Il a ajouté que la discussion sur l'embargo n'est « pas très urgente » et qu'elle reprendra plus tard dans le mois.
« Je suis très sceptique », a ajouté son homologue autrichien, Michael Spindelegger. Il a expliqué que l'UE a toujours été en retrait sur les questions de livraison d'armes. La Belgique, la Finlande et Chypre se seraient montrés réticents à l'idée de lever l'embargo.
Des problèmes d'interprétation
Lors du débat au Conseil Affaires étrangères, les ministres ont montré leur différence d'interprétation quant au matériel létal autorisé, selon l'embargo décidé le 9 mai 2011. Si selon la législation britannique aucun matériel ne peut être envoyé, la France, de son côté, fournit déjà à l'opposition du matériel non létal, tel que du matériel de communication ou des casques. « Personne n'a parlé d'envoyer des armes », a précisé la Haute représentant de l'UE lors de sa conférence de presse. « Il faut d'abord savoir ce qui est permis ou non de faire en vertu de l'embargo », a-t-elle précisé. Le Conseil du 18 février pourrait donc examiner le système en place pour voir ce qu'il est possible selon l'embargo en vigueur. En attendant le Conseil, les groupes de travail vont donc se pencher sur une interprétation plus précise de ce qu'il est permis, d'après l'embargo, d'envoyer et de ne pas envoyer. Cette interprétation passera peut être par une liste, précise une source européenne.
La levée de l'embargo, totale ou partielle, pose elle des problèmes, quelque soit le paramètre, souligne cette même source. L'opposition n'est pas juridiquement reconnue et limiter la livraison à des régions précises du territoire n'est pas non plus possible. L'embargo sur les armes et les autres sanctions sur la Syrie courent jusqu'au 28 février, minuit. (CG)