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Bulletin Quotidien Europe N° 10776
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) banques

Liikanen, la question est « où trace-t-on la ligne de séparation ? »

Bruxelles, 31/01/2013 (Agence Europe) - Le Gouverneur de la Banque centrale finlandaise, Erkki Liikanen, a vu d'un bon œil les propositions allemandes et françaises relatives à la séparation des activités risquées de trading et de détail dans le secteur bancaire, jeudi 31 janvier lors de la 11ème Conférence européenne sur les services financiers (EUROPE n° 10775). « Bien sûr, il y a du soutien et de l'opposition » à nos propositions, « mais la chose fondamentale, c'est que l'on peut voir dans les propositions françaises et allemandes que vous devez, d'une certaine manière, séparer » ces activités bancaires, a-t-il estimé, satisfait que les deux économies principales de l'Eurozone prennent le taureau par les cornes. Et d'ajouter: « La question principale est la suivante: où trace-t-on la ligne ? Sur le trading pour compte propre ? En y incorporant une partie ou l'ensemble de la tenue de marché ? »

En octobre 2012, un groupe d'experts présidé par M. Liikanen a fait des recommandations sur la structure de la réforme bancaire (EUROPE n° 10701). Poursuivant une logique de filialisation, il préconise que soient transférées dans une entité juridique, distincte de celles des activités bancaires de détail mais toujours au sein d'un même holding, les activités de trading les plus risquées. Sont concernés le trading pour compte propre, la tenue de marché (market-making), les prêts aux fonds spéculatifs, les structures de titrisations du type SIV, les investissements dans les fonds de private equity.

Rappelant le souhait du groupe d'experts de trouver une solution européenne ne conduisant pas à la fragmentation du marché, l'ancien commissaire a estimé qu'en neuf mois il était impossible de se plonger dans des travaux permettant de mieux « calibrer » cette recommandation. L'important pour limiter le risque systémique, selon lui, est d'avoir penché pour un système de séparation des activités plutôt que pour des exigences supplémentaires en capital pour les activités risquées de trading.

Soucieux de préserver le modèle bancaire universel, l'Allemagne et la France veulent aller de l'avant en matière de réforme de structure bancaire, sans attendre les propositions de la Commission européenne que le commissaire chargé du marché intérieur, Michel Barnier, a promises pour septembre. Les projets de ces deux pays apparaissent plus souples que l'approche préconisée par le groupe 'Liikanen'.

La presse financière a dévoilé cette semaine le projet allemand d'isoler les activités pour compte propre si celles-ci représentent plus de 100 milliards d'euros au bilan ou 20% du bilan total de l'établissement concerné. Les banques allemandes devraient parallèlement être autorisées à mener des activités de trading pour le compte de leurs clients ainsi que des activités de tenue de marché (market making) sans pour autant avoir à les cantonner dans une filiale dédiée. Le texte allemand s'inspirerait du projet de loi français qui sera examiné par le parlement national mi-février. (MB)

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