Bruxelles, 25/01/2013 (Agence Europe) - Le défi auquel doit répondre l'Eurozone consiste à combiner « une réduction substantielle du fardeau de la dette chypriote (…) avec la nécessaire assurance de la stabilité financière » de l'île, a déclaré le commissaire à l'euro, Olli Rehn, jeudi au Wall Street Journal.
Plusieurs options pour y parvenir sont à l'étude. M. Rehn a envisagé la possibilité de recapitaliser directement les banques chypriotes par le Mécanisme européen de Stabilité, une opération qui éviterait de plomber la dette de l'île. Le président sortant, Demetris Christofias, est demandeur, les banques chypriotes ayant essuyé 4,5 milliards d'euros de pertes lors de la restructuration de la dette grecque (EUROPE n° 10765).
Selon le Cyprus mail, le gouvernement chypriote aurait aussi demandé à Moscou une extension de délai de 2016 à 2021 pour le remboursement d'un prêt de 2,5 milliards d'euros, accordé en 2011, une éventualité à laquelle la Russie ne s'opposerait pas. Mercredi au Forum économique de Davos, le Premier ministre Russe, Dmitri Medvedev, avait évoqué un nouveau prêt à Nicosie, si les Européens acceptent également de mettre la main au portefeuille, selon Bloomberg.
D'autres options ont été rejetées par le gouvernement chypriote. Le ministre des Finances, Vassos Shiarly, s'est prononcé contre une décote des obligations chypriotes, celles-ci étant en grande partie aux mains des banques de l'île (EUROPE n° 10763). M. Rehn n'y est pas non plus favorable. M. Christofias rejette aussi catégoriquement les privatisations réclamées par la 'troïka'. À un mois des élections législatives, le favori des sondages, le leader du Rassemblement démocratique, Nicos Anastasiades, ne serait pas catégoriquement réfractaire à une privatisation partielle d'organisations gouvernementales, mais cela ne fait « pas partie de ses priorités », analyse la Fondation Schuman.
Et M. Rehn de qualifier de « stupide » toute démarche qui mènerait à un défaut désordonné de l'île demandant à Nicosie plus d'efforts en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et d'évasion fiscale. (EL)