Bruxelles, 25/01/2013 (Agence Europe) - La Commission estime que sa proposition controversée sur un quota de femmes dans les conseils d'administration porterait ses fruits. Elle constate qu'en moins d'un an, deux fois plus de femmes y siégeraient en Europe, avec une augmentation notable dans la grande majorité des États membres. La commissaire Viviane Reding, chargée des droits fondamentaux, en a profité pour présenter ces résultats encourageants au Forum économique mondial de Davos, vendredi 25 janvier.
En novembre dernier, elle avait dévoilé sa proposition en faveur d'un quota de 40 % de femmes pour les postes non exécutifs des conseils d'administration des grandes entreprises européennes cotées en Bourse. À peine trois mois plus tard, elle a été en mesure de déclarer à Davos que « la pression réglementaire porte ses fruits. Les entreprises commencent enfin à comprendre que, si elles veulent demeurer compétitives dans une société vieillissante, elles ne peuvent pas se permettre de négliger les talents féminins, car les femmes représentent 60 % des diplômés de l'université ». En effet, la part des femmes dans les conseils d'entreprises européennes cotées en bourse serait passée de 13,7 % en janvier 2012 à 15,8 % en octobre de la même année, et ce dans une grande majorité des États membres (seule la Bulgarie aurait connu un recul, l'Irlande et la Pologne stagneraient).
La Commission n'hésite pas à lier cette progression subite à sa proposition législative, bien que les chiffres soient antérieurs à la publication de la proposition législative. Toutefois, les intentions de Mme Reding ayant été dévoilées des mois à l'avance et ayant suscité diverses polémiques, on peut supposer que cela ait eu un impact sur l'organisation des entreprises.
Aussi des pays comme l'Italie, la France ou la Belgique sont-ils dotés d'une législation contraignante quant à l'égalité homme-femme dans les postes dirigeants et obtiendraient des résultats encourageants, ce qui a laissé dire à Mme Reding qu'« une intervention réglementaire circonscrite dans le temps peut faire toute la différence », lors de son intervention dans un débat dédié à la femme dans la prise de décision économique, à Davos, aux côtés de Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international. (MD)