Bruxelles, 25/01/2013 (Agence Europe) - Si l'utilisation de l'amiante est bel et bien interdite dans l'UE depuis 2005, ce matériau, qui s'est révélé être très toxique pour la santé humaine, devrait encore faire l'objet de nouvelles réglementations, a estimé la commission Emploi et Affaires sociales du Parlement européen. En adoptant, jeudi 24 janvier, le projet de rapport du Britannique Stephen Hughes (S&D), les députés ont souhaité inviter la Commission européenne à légiférer sur un nombre important de points concernant cette matière qui « se trouve encore dans de nombreux navires, trains et, en particulier (…) dans de nombreux bâtiments publics ».
Le rapport se compose de six groupes de mesures: (1) mieux détecter et enregistrer l'amiante existant ; (2) assurer une qualification et une formation adéquates pour tous les travailleurs susceptibles d'être en contact avec ce matériau ; (3) élaborer des programmes de désamiantage ; (4) mettre à jour les normes d'identification, de notification, de reconnaissance et d'indemnisation des maladies liées à l'amiante ; (5) accroître le soutien aux groupes de victimes ; (6) favoriser une interdiction mondiale de l'amiante.
Les amendements de compromis, adoptés juste avant le vote, modifient la portée du texte sur deux points sensibles. Au lieu de demander à la Commission « de rendre obligatoire la mise en place de registres publics sur l'amiante par les États membres », les députés ont opté pour que soit juste « recommandé » aux États la création d'un registre « qui servirait à fournir des informations pertinentes ». Le second changement concerne les plans d'action que l'UE devrait mettre en place pour supprimer l'amiante dans les bâtiments publics et privés. Avant que cela ne soit fait, les autorités devraient « procéder à une évaluation de l'impact et de l'analyse des coûts et des avantages » de ces plans d'action.
Pour la députée Karima Delli (Verts/ALE, française), ces mesures sont « un premier pas », mais un pas insuffisant. Elle regrette ainsi « le manque de volonté politique pour rendre obligatoire la localisation et l'enregistrement des stocks d'amiante subsistants et la réduction des seuils limites d'exposition des travailleurs aux fibres d'amiante ». Même si l'amiante est aujourd'hui interdit, il reste une « véritable bombe à retardement pour la santé », car il « continuera de provoquer la mort d'anciens travailleurs pendant plusieurs décennies », a-t-elle conclu. (JK)