Bruxelles, 05/12/2012 (Agence Europe) - L'accord de libre-échange multipartite avec les deux nations andines ne prévoit pas de mesures sur l'évasion fiscale, avertit la Gauche unitaire européenne.
Présentée mercredi 5 décembre par l'Allemand Jürgen Klute (GUE/NGL), une étude réalisée par le Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO) alerte des risques d'instabilité financière, d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent provenant du trafic de drogue liés à la libéralisation des services financiers prévue par l'accord de libre-échange multipartite entre l'UE, la Colombie et le Pérou.
Dans son étude, l'économiste Myriam Vander Stichele observe qu'à la différence de certains accords commerciaux passés par l'UE avec des pays tiers, cet accord commercial ne prévoit pas de mécanisme pour lutter contre le blanchiment d'argent, la lutte contre le crime organisé et les flux illicites d'argent. Mme Vander Stichele s'étonne qu'aucune mesure spécifique contraignante pour lutter contre la criminalité financière ne soit inclue alors que Colombie et Pérou sont deux des principaux producteurs mondiaux de cocaïne. Bien au contraire, l'accord multipartite qui doit être ratifié par le Parlement européen la semaine prochaine (EUROPE n° 10739) « pourrait ouvrir la porte à d'importantes violations de la fiscalité mais également à des fuites d'argent indispensables pour les dépenses publiques de ces pays en développement », alerte-t-elle. L'accord ne prévoit aucune garantie de contrôle fiscal comme, par exemple, une coopération en matière de surveillance des flux de capitaux en vue de suivre l'impact de ces nouvelles mesures de libéralisation, ou de détecter les flux d'argent illicites. Aucune mesure n'est prévue non plus pour prévenir une crise financière, des retraits massifs de capitaux, la spéculation excessive ou le blanchiment d'argent, insiste son étude.
Confortée par les conclusions de cette étude, la Gauche unitaire européenne poursuit sa campagne contre un accord de libre-échange qui fait déjà face à une importante levée de boucliers du mouvement social et des ONG sur ses aspects liés aux droits de l'homme, aux droits sociaux et au respect de l'environnement. « Alors que l'Europe tente de légiférer pour mieux réguler et contrôler les marchés financiers, il est absurde que nous négocions des accords obsolètes relevant des politiques néolibérales qui ont fait tant de dégâts chez nous », a déploré M. Klute mercredi, dénonçant les opportunités commerciales offertes à des multinationales « caractérisées par leur pratique de l'évasion fiscale et l'utilisation des paradis fiscaux ». (EH)