Bruxelles, 05/12/2012 (Agence Europe) - Malgré un plan de modernisation prometteur avancé par le président Poutine, la Russie ne respecte pas ses engagements à l'OMC, déplore le commissaire De Gucht.
Rappelant que l'adhésion à l'OMC n'est « que le début » du processus de réforme de son économie, Karel De Gucht a appelé la Russie, lors d'un séminaire organisé par le groupe libéral au Parlement européen, mercredi 5 décembre, à « aller plus loin » dans ses efforts de modernisation pour remédier aux faiblesses de l'état de droit, renforcer son système financier, promouvoir l'innovation, attirer l'investissement étranger et construire des infrastructures. Et ainsi relever les « nombreux défis » auquel elle est confrontée, en particulier la diversification de son économie toujours très dépendante du revenu des hydrocarbures et des activités de l'extraction. « La Russie doit adhérer à l'esprit de marchés ouverts et concurrentiels, comme à la lettre des règles de l'OMC. Ce n'est qu'ainsi qu'elle pourra réduire sa dépendance à des prix mondiaux des matières premières volatils », a fait valoir le commissaire au Commerce.
S'il salue le plan de modernisation promis par le président russe, Vladimir Poutine, qui prévoit de créer 25 millions d'emplois dans les industries de haute technologie d'ici 2020, d'augmenter la productivité du travail de 50 % en six ans et d'amener la Russie dans le top 20 du classement de la Banque mondiale sur le business, M. De Gucht se montre perplexe quant aux progrès de la Russie sur le front commercial. Trois mois après son carton jaune adressé en septembre, le commissaire au Commerce dénonce l'absence d'avancées sur plusieurs dossiers. « Nous avons plusieurs exemples d'actions récentes par le gouvernement russe qui présentent des perspectives moins encourageantes. Dans ces domaines, loin d'utiliser son adhésion à l'OMC comme un outil de réforme plus large, la Russie ne respecte même pas ses engagements », a-t-il fait valoir, pointant du doigt le décret russe sur les frais de recyclage pour les voitures importées, l'interdiction d'importer des animaux vivants en provenance d'Europe, la décision russe d'augmenter le niveau des droits de douane sur des centaines de produits importés, et le maintien de coûts procéduraux élevés pour exporter du bois à des droits moins élevés, prévus par un accord bilatéral préalable à l'adhésion à l'OMC. « Nous voulons voir ces problèmes résolus dès que possible », a averti M. De Gucht, disant toutefois privilégier une solution négociée, mais sans exclure un recours au mécanisme des différends de l'OMC.
L'accord sur le bois officiellement validé. Le Conseil a adopté le 3 décembre le règlement sur l'allocation des quotas tarifaires appliqués aux exportations de bois russe vers l'UE. Le Parlement européen avait donné son feu vert, le 21 novembre, au quatrième accord bilatéral qui accompagne l'adhésion de la Russie à l'OMC (EUROPE n° 10735). (EH)