Bruxelles, 05/12/2012 (Agence Europe) - En se basant sur le modèle autrichien et finlandais, la Commission européenne a décidé de présenter, mercredi 5 décembre, un 'paquet emploi pour les jeunes', qui se compose d'une série de mesures dont le principal objectif est de réduire la proportion des jeunes Européens qui n'arrivent pas à trouver un emploi. Parmi toutes les mesures énumérées, la Commission propose une recommandation pour la mise en place d'un mécanisme de 'garantie jeune', qui sera présenté au Conseil de l'UE jeudi 6 décembre. La Commission espère qu'elle sera adoptée au plus tard le 28 février 2013.
C'est parce que « le chômage des jeunes a des conséquences dramatiques pour nos économies, nos sociétés et surtout pour les jeunes », que la Commission propose ce mécanisme, afin de s'assurer que chaque Européen de moins de 25 ans puisse bénéficier d'une offre d'emploi de qualité, d'une formation en continu et de propositions d'apprentissage ou de stage dans les quatre mois suivants son arrivée sur le marché du travail, a expliqué le commissaire Laszlo Andor, chargé de l'Emploi, des Affaires sociales et de l'Inclusion.
En octobre 2012, 5,678 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l'UE, dont 3,609 millions dans la zone euro. Le taux de chômage atteint ainsi presque 24 % et ne cesse de croître au fil des mois, ce qui correspond aujourd'hui à plus du double du taux moyen parmi toute la population active. En moyenne, 30,1 % de ces jeunes chômeurs sont déjà des chômeurs dits de longue durée, c'est-à-dire ceux qui sont sans emploi depuis plus d'un an. Toutefois, dans certains pays, la situation est aujourd'hui encore plus exceptionnelle. Au mois d'octobre, 57 % de jeunes grecs n'avaient pas d'emploi. Ce taux est similaire en Espagne (55,9 %).
Pour la Commission, cette situation « est dramatique ». Elle reflète la crise économique, mais également des « problèmes structurels ». Le 'paquet emploi jeune' vise justement à s'attaquer à ce second volet du chômage des jeunes. Trois principales difficultés structurelles dans les États membres ont été ainsi identifiées. La première concerne l'augmentation de l'inactivité des jeunes et l'abandon des études ou du travail. La 'garantie jeune' doit y remédier et les États devraient pouvoir bénéficier du soutien du Fonds social européen pour la financer, même si le montant précis qui sera disponible reste encore à déterminer lors des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel.
La transition entre l'école ou les études vers le monde du travail constitue la seconde difficulté qui joue dans l'augmentation du taux de chômage des jeunes. La Commission lancera prochainement la deuxième partie de la consultation avec les partenaires sociaux sur « un cadre de qualité pour les stages » et mettra en place une « Alliance européenne pour les programmes d'apprentissage ». Dans son évaluation, la Commission estime que la majorité des stages offerts dans les États sont d'une qualité médiocre: « Les problèmes concernent principalement l'absence d'un contenu d'apprentissage de haute qualité, une faible rémunération ou son absence et de mauvaises conditions de travail. » En dernier lieu, une forte disparité géographique existe dans l'UE entre l'offre et la demande d'emploi. La Commission compte réduire les obstacles à la mobilité en développant davantage le système EURES, qui permet à des chercheurs d'emploi de travailler ou d'effectuer un stage ou une formation dans un autre État membre.
À l'occasion d'une conférence sur l'emploi des jeunes, organisée à Bruxelles, vendredi 30 novembre, Martin Gleitsmann, chef du département des affaires sociales de la Chambre fédérale de commerce de l'Autriche (WKÖ), a expliqué le fonctionnement du modèle développé en Autriche, où seulement 8,5 % des moins de 25 sont sans travail, et sur lequel la Commission a fondé en partie son actuelle approche. Ce modèle « se compose d'un partenariat social solide, d'une formation duale en apprentissage et d'un marché du travail dynamique et flexible ». Le schéma d'une 'garantie jeune' y occupe une place centrale: « Les jeunes qui ne trouvent pas une place en apprentissage dans une entreprise de formation après avoir terminé la scolarité obligatoire (peuvent bénéficier) d'un encadrement spécial, de subventions au salaire, des écoles d'usine (préparation au marché du travail, associée à une première expérience professionnelle). »
Quel est le coût d'une telle 'garantie' ? La Commission base son estimation sur des études réalisées par l'Organisation internationale du travail (OIT). Si les frais pour chaque État sont très complexes à établir, le coût total pour la zone euro devrait s'élever à 0,45 % du PIB des 17 États qui partagent la monnaie unique, soit environ 21 milliards d'euros. Cela équivaut à 6600 € par jeune chômeur, sur une base annuelle. Un coût élevé, mais qui doit surtout être mis en rapport avec ce que les États dépensent ou perdent à cause d'un jeune sur quatre qui ne travaille pas, souligne la Commission. Et ce coût s'élève pour l'UE à 153 milliards d'euros par an. (JK)