Bruxelles, 08/11/2012 (Agence Europe) - La situation sur le marché de l'emploi au sein de l'UE va se dégrader encore davantage en 2013. Tout au plus, « une faible hausse de l'emploi » peut être espérée pour l'année 2014, insuffisante toutefois pour avoir un taux de chômage inférieur à 11,7 %. Les prévisions économiques d'automne, que la Commission européenne a présentées mercredi 7 novembre (EUROPE nº 10725), attestent de cette manière que la reprise économique modérée prévue pour l'année 2013 n'impliquera pas d'améliorations à court terme pour les quelques 25 millions d'hommes et de femmes qui sont aujourd'hui au chômage dans les 27 États membres.
Le rapport de la Commission ne se limite pas qu'à des constats. Après une analyse détaillée des conséquences de la crise économique et financière sur les marchés européens de l'emploi, la Commission prévient que des ajustements dans les prochaines années seront nécessaires dans la plupart des États membres. Quels ajustements et quels États sont évoqués ? Le rapport ne cite que deux pays comme exemple: l'Allemagne et l'Autriche. Sans surprise, ce sont les deux bons élèves le plus souvent évoqués par la Commission. Le premier l'est pour la capacité de son marché du travail à s'ajuster, à travers des modérations salariales et des heures de travail, aux aléas de la conjoncture économique. Le second, pour ses programmes jugés efficaces en matière d'adaptation de l'offre et de la demande sur le marché de l'emploi, particulièrement en ce qui concerne les jeunes, dont le taux de chômage a décuplé depuis le début de la crise dans le reste de l'Europe.
La Commission table sur une progression du PIB de l'UE de 0,4 % en 2013 et de 1,6 % en 2014. Toutefois, cette relance ne va pas créer plus de postes de travail ni désengorger les salles d'attente des agences nationales pour l'emploi. Bien au contraire, c'est un nouveau triste record auquel les Européens devraient se préparer pour l'année prochaine, avec un chômage qui plafonnera à presque 12 %. La raison en est que l'augmentation du chômage depuis 2008 n'est pas que la conséquence d'une perturbation économique cyclique. L'augmentation du chômage de longue durée et du chômage des jeunes est une manifestation, non seulement d'une rigidité des marchés du travail, mais de leur actuelle inadéquation pour garantir un équilibre entre l'offre et la demande de travail. Cela amène la Commission à plaider continuellement, y compris dans ce rapport sur les prévisions économiques, que des réformes structurelles profondes sont nécessaires. « En l'absence d'une adaptation réussie et de réformes du marché du travail, une hausse implicite des incohérences entre l'offre de travail et le marché peut induire un taux de chômage structurellement plus élevé à l'avenir », conclu le rapport. (JK)