Bruxelles, 08/11/2012 (Agence Europe) - L'Institut européen d'innovation et de technologie (IET), fonctionnel depuis quatre ans, est une initiative exceptionnelle en vue de développer les capacités d'innovation et de recherche de l'Union européenne et de former les entrepreneurs de demain. C'est pourquoi il faut lui consacrer le budget adéquat, afin de ne pas mettre en péril son développement futur, a déclaré la commissaire responsable de l'éducation, de la culture, de la jeunesse et des sports, Androulla Vassiliou, à l'ouverture d'une conférence des parties prenantes sur l'IET à Larnaca (8-9 novembre). « J'appelle les chefs d'État et de gouvernement à investir sérieusement dans les mesures qui stimulent la croissance, telles que l'IET, et de ne pas réduire les investissements dans le capital humain qui reste notre avantage comparatif sur la scène mondiale », a martelé la commissaire, en vue des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel.
Jusqu'à récemment, les politiques d'innovation en Europe étaient structurées autour de l'idée selon laquelle investir dans la recherche menait automatiquement à l'innovation. Pourtant, en dépit d'une recherche excellente et d'entreprises performantes, l'Europe pèche par manque de projets innovateurs et reste toujours à la traîne par rapport à ses concurrents mondiaux ; il faut investir dans l'excellence et l'innovation or, celles-ci ne peuvent naître que par le canal universitaire, a déclaré Mme Vassiliou. Ce chaînon manquant, la dimension « éducation », a été pris en compte dans les communautés de la connaissance et de l'innovation (CCI) mises sur pied au sein de l'IET, créant ainsi des triangles de la connaissance (éducation- recherche-innovation).
« Pour que surgisse l'innovation, le capital humain et le potentiel créatif existants au sein de nos universités doivent être remis au centre du cycle d'innovation. Au final, les gens sont au cœur de l'innovation », a déclaré la commissaire. Pour la prochaine période 2014-2020, la Commission européenne propose de renforcer de manière significative le rôle de l'IET comme un institut au service de l'Europe. Pour se faire, elle propose de consolider les trois CCI actuelles (InnoEnergy, dans le domaine de l'énergie durable, Climate, dans celui du changement climatique et EIT ICT Labs, qui traite des questions relatives à la société de l'information et de la communication), afin qu'elles servent de modèles à d'autres CCI et puissent être concurrentielles à l'échelle mondiale, et d'en créer d'autres qui se penchent sur les défis économiques et sociétaux actuels. Pour la création de nouveaux CCI, la Commission envisage six domaines d'actions qu'elle considère comme les plus prometteurs. Le programme envisagé se déclinerait en deux phases: 1) la création de trois CCI dès 2014 dans le secteur de la santé et de la démographie (axé en particulier sur le vieillissement actif et une hygiène de vie saine), la sécurité alimentaire et un accès durables aux matières premières ; 2) ultérieurement, trois autres CCI serait créées dans le domaine de la fabrication avec une valeur ajoutée, la mobilité urbaine et des sociétés intelligentes et sûres. Afin de mener à bien cet ambitieux projet, la Commission a proposé un budget de 3,19 milliards d'euros durant le prochain cadre financier. « Cet investissement est crucial. Sans lui, notre capacité d'attirer les partenaires adéquats des secteurs de l'éducation, de la recherche et du monde des affaires serait grandement diminué », estime Mme Vassiliou. D'ici 2020, l'objectif visé pour l'IET est de créer pas moins de 600 start-up et de soutenir 10 000 étudiants en master de même que 10 000 doctorants, spécialisés dans les matières scientifiques et l'entrepreneuriat. (IL)