Bruxelles, 08/11/2012 (Agence Europe) - Dans une lettre ouverte, publiée jeudi 8 novembre et destinée au Premier ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina Wajed, les eurodéputées Sophie Auconie (PPE, française) et Pervenche Berès (S&D, française) ont lancé un appel pour sauver la banque bangladaise Grameen spécialisée dans le microcrédit. Pas tant parce que son existence est menacée, mais pour empêcher que ne soit modifié son mode de gouvernance. Les auteurs de la lettre, qui a déjà été cosignée par quatre autres députés, y voient une atteinte à l'intégrité de cet établissement.
Les raisons qui ont motivé les deux députées à l'origine de cette initiative sont résumées en une phrase: « Nous prions instamment le gouvernement du Bangladesh de permettre à cette remarquable institution de poursuivre son œuvre sociale sans entrave. » De quelle entrave s'agit-il ? Depuis le mois de mai 2011, cette banque fonctionne sans directeur de son Conseil de Direction. Ce poste était occupé auparavant par Muhammad Yunus, l'inventeur de cette première institution de microcrédit, ce qui lui a d'ailleurs valu en 2006 le prix Nobel de la paix. M. Yunus, qui venait de souffler ses 70 bougies, a été limogé pour ne pas avoir respecté l'âge légal du départ à la retraite.
Le gouvernement bangladais tente depuis d'imposer une personne de son choix à ce poste pour exercer ainsi un contrôle sur la banque. Un fait dénoncé par Mmes Auconie et Berès qui appellent à ce que le Conseil de Direction puisse « continuer à désigner de manière indépendante et libre » son directeur, qui doit être « un individu compétent » et disposer d'un soutien complet au sein du Conseil. L'enjeu de cette nomination est donc crucial pour préserver l'indépendance de cette banque qui a déjà apporté son soutien à « plus de 8,3 millions d'emprunteurs », dont 97 % sont des femmes, surtout issues du milieu rural et qui sont en même temps en grande majorité actionnaires, rappellent les deux députées. (JK)