Bruxelles, 08/11/2012 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) est d'avis qu'à cause de la crise de la dette souveraine le système financier de l'Eurozone demeure fortement fragmenté sur des bases nationales, malgré le retour de signes encourageants observés depuis la mise sur pied du programme 'OMT' de rachat conditionnel de dette souveraine. « Le principal défi devant nous consistera à surmonter la fragmentation » financière, a déclaré son président Mario Draghi, jeudi 8 novembre à l'issue de la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs de la BCE. « Plus que les différentiels de taux d'intérêt, il faut analyser la fragmentation de la zone euro », a-t-il ajouté, déplorant « la renationalisation des systèmes bancaires » et « des différences de coûts (d'emprunts bancaires) qui dépassent les fondamentaux ».
L'Institut monétaire a décidé de maintenir le statu quo en matière de taux d'intérêt. M. Draghi a justifié cette position en qualifiant la politique monétaire menée de « très accommodante », malgré la récession qui touchera l'Eurozone en 2012 et la faible croissance attendue pour 2013 (EUROPE n° 10725). « Les taux d'intérêt réels sont négatifs dans de larges segments de la zone euro », a-t-il noté. Et d'énumérer tout ce que la BCE a fait « en seulement un an »: deux baisses « sévères » de taux d'intérêts, des exigences allégées en matière de dépôts bancaires, deux opérations 'LTRO' d'injection massive de liquidités bancaires à des taux minimes, la mise sur pied du programme 'OMT'. Pour la BCE, l'inflation demeurera supérieure à 2 % en 2012 pour revenir sous cette barre courant 2013, conformément à l'objectif à moyen terme poursuivi.
M. Draghi a jugé que le programme 'OMT' contribuait déjà à rassurer les marchés. Il a relevé plusieurs signes positifs, tels que le retour des investisseurs internationaux, les émissions de dette réussies par l'Irlande et le Portugal, la fin du programme d'émission 2012 de dettes italienne et espagnole. Le président de la BCE a par ailleurs exhorté les États membres à poursuivre les efforts budgétaires et les réformes structurelles. « Les pays de la zone euro se trouvent dans une mauvaise passe à cause des mauvaises politiques menées ou de l'absence de politiques », a-t-il souligné.
Espagne. Sur le cas espagnol, la BCE réitère sa position: il appartient à Madrid seule de prendre une décision. Une demande d'aide auprès du fonds de sauvetage permanent de l'Eurozone est une condition « nécessaire » mais pas suffisante pour activer le programme 'OMT' car la BCE agira en toute indépendance, a indiqué M. Draghi. Impossible, selon lui, de donner des assurances ex ante au Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, en termes de baisse des taux d'intérêt sur la dette espagnole. (MB)