Bruxelles, 08/11/2012 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a souligné, mercredi 7 novembre, l'importance de se concentrer sur le processus d'adhésion, plutôt que sur la date de 2023, considérée comme date limite d'adhésion par le Premier ministre turc (EUROPE n° 10722). « Je crois que le débat sur 2023 détourne notre attention et nous éloigne des questions essentielles. Je ne pense pas que la discussion sur des dates réalistes ou moins réalistes supprimera les obstacles actuels. (…) Je crois que cela rendrait les choses encore plus compliquées, car les gens pourraient commencer à penser que le principal problème est la date d'adhésion plutôt que les véritables obstacles » avant cette adhésion, a-t-il expliqué dans une interview au quotidien turc Milliyet Daily. La « création de questions, de problèmes ou d'agendas alternatifs est l'un des plus grands obstacles auxquels la Turquie est confrontée », a ajouté le commissaire. Il a mis en garde contre la rhétorique du « nous méritons ceci ou cela », précisant qu'il ne comprend pas comment ce genre d'approche pourrait contribuer à l'élimination des problèmes.
« La question principale est le processus de négociation. Pour parler franchement, le but de l'adhésion est en place, mais il est difficile de parler de processus », a-t-il ajouté.
Rencontre Füle/ Davutoglu
Le jour même, le commissaire s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, sur l'état des relations entre la Turquie et l'UE. « Nous avons discuté des moyens de retrouver l'élan du processus d'adhésion », a annoncé le commissaire Füle dans un communiqué, précisant que l'accent a aussi été mis sur le rapport d'avancement de la Turquie, publié le 10 octobre. Le ministre des Affaires européennes turc, Egemen Bagis avait sévèrement critiqué ce rapport (EUROPE n° 10708). M. Füle a aussi souligné qu'il espère que la Commission sera bientôt en mesure de remettre la feuille de route sur la libéralisation des visas, parallèlement à la signature turque de l'accord de réadmission. Le commissaire a également appelé à des efforts pour éviter une détérioration de l'état de santé des prisonniers kurdes, en grève de la faim (EUROPE n° 10725). Enfin, les deux hommes ont discuté de la crise syrienne et de l'accueil des réfugiés par la Turquie. (CG)