Bruxelles, le 17/10/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne s'est montrée confiante mercredi 17 octobre quant à l'issue des négociations qui se poursuivent entre Athènes et ses créanciers internationaux (BCE, Commission, FMI), mieux connus sous le nom de 'troïka'. Selon un porte-parole, « un accord pourrait être trouvé dans les jours qui viennent, cela dépendra du règlement des questions toujours en suspens».
Ces questions ont trait à la réglementation du marché du travail, souhaitée par la troïka. Les exigences des créanciers d'Athènes dans ce domaine ont d'ailleurs attisé les foudres des partenaires du Premier ministre, Antonis Samaras. À l'issue d'une réunion avec ce dernier, les leaders du Pasok, Evangélos Venizélos, et de la Gauche modérée (Dimar), Fotis Kouvélis, ont exclu toute modification dans ce domaine.
Les recommandations des bailleurs de fonds d'Athènes n'ont « aucun rapport avec la consolidation budgétaire », selon M. Kouvélis, qui a d'ailleurs considéré que la réglementation du marché du travail était une affaire « intérieure à la Grèce ». Le leader du Pasok a pour sa part estimé que la troïka « jouait avec le feu » et que les mesures préconisées n'aideraient en rien « la compétitivité » du pays. Ce dernier, qui a accusé la troïka de retarder « intentionnellement » les discussions, a d'ailleurs demandé au Premier ministre de rapporter la situation à ses homologues européens lors du Sommet des 18 et 19 octobre.
Le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, a quant à lui insisté sur « l'esprit de coopération », qui règne au sein des négociations malgré « les tensions » pouvant survenir. Il a également indiqué que le ministre du Travail, Ioannis Vroutsis, allait « proposer des solutions » en vue de surmonter les derniers désaccords.
Selon le quotidien économique français Les Échos, la troïka réclame le licenciement immédiat de 15 000 fonctionnaires, le passage de cinq à six jours de la semaine travail de 40h, la fin de l'indexation des salaires sur l'ancienneté au sein des entreprises et la réduction de moitié des indemnités de licenciement.
La presse grecque rapportait également jeudi que, selon les estimations du ministère des Finances, sans un nouveau délai de deux ans pour atteindre ses objectifs budgétaires, ce serait d'une enveloppe de 18 milliards d'euros d'économies et non de 13,5 milliards dont la Grèce aurait besoin.
Quant au versement de la prochaine tranche d'aide de 31,5 milliards, qui sera décidé sur base des conclusions de la troïka, il devrait intervenir au début du mois de novembre.
Enfin, selon un porte-parole de la Commission européenne, les rumeurs concernant la tenue d'un Eurogroupe à la fin du mois d'octobre sont infondées, aucune réunion des ministres des Finances n'étant pour l'heure « prévue plus tard en octobre ». Selon une source du ministère des Finances grec, cela serait pourtant une volonté d'Athènes. (EL)