Bruxelles, 17/10/2012 (Agence Europe) - Suite à la démission de John Dalli de ses fonctions de commissaire chargé de la Santé et de la Protection des consommateurs, mis en cause dans une enquête de l'Office européen de lutte anti-fraude OLAF (EUROPE n° 10711), l'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA) appelle la Commission européenne à poursuivre sans délai la révision de la directive sur les produits du tabac (voir autre nouvelle). L'Alliance dénonce également les pressions exercées par l'industrie du tabac pour affaiblir la future directive en matière de protection de la santé publique et appelle de manière générale à plus de transparence dans les pratiques des lobbyistes.
Pour la secrétaire générale de l'EPHA, Monika Kosinska, « la démission du commissaire Dalli montre à quel point l'industrie du tabac peut influencer et saper l'autorité des décideurs qui tentent de soutenir les mesures en faveur de la santé publique. Elle montre également que les pratiques des lobbies à Bruxelles ont besoin d'être bien plus réglementées qu'elles ne le sont, avec une transparence accrue et un rôle plus ferme de la part des autorités de surveillance sur le processus décisionnel ». Pour l'EPHA, la démission du commissaire Dalli ne peut en aucun cas jouer en faveur de l'industrie du tabac, qui espère un blocage du processus de révision de la directive. « Nous faisons confiance à la Commission et aux États membres pour qu'ils remplissent leur mission de représentants de l'intérêt public, en protégeant la santé de leurs citoyens, et qu'ils ne retardent pas l'adoption de la directive. Une directive consistante est la seule réponse que la Commission européenne peut donner, suite à l'enquête de l'OLAF - en montrant que malgré les pressions qu'elle subit, elle agit en faveur de ses citoyens, pour leur protection », a poursuivi Mme Konsinska. Interpellée mardi à propos des éventuelles répercussions de la démission de M.Dalli sur le processus de révision de la directive, la porte-parole de la Commission européenne, Pia Ahrenkilde, a indiqué que les travaux étaient « bien avancés » mais qu'il fallait attendre la nomination du nouveau commissaire pour que la procédure puisse être poursuivie. Lundi prochain, le 22 octobre, une réunion inter-services était prévue pour rendre son avis mais elle sera donc repoussée dans l'attente de la prise de fonctions du nouveau commissaire, ce qui « ne tardera pas », a assuré Mme Ahrenkilde Hansen. (IL)