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Bulletin Quotidien Europe N° 10712
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) iran

Nucléaire, Téhéran dénonce les sanctions mais ne « capitulera » pas

Bruxelles, 17/10/2012 (Agence Europe) - Le guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, a affirmé, mardi 16 octobre, que l'Iran ne capitulerait pas sur son programme nucléaire, malgré les nouvelles sanctions européennes adoptées la veille par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept (EUROPE n° 10710).

Les Occidentaux « disent que les pressions visent à ramener l'Iran à la table des négociations, mais nous ne l'avons jamais quittée », a expliqué M. Khamenei. « L'objectif réel de ceux qui présentent cette formule de propagande politique est d'amener la nation iranienne à capituler lors des négociations. Mais nous leur disons: 'vous êtes trop faibles pour être capables de contraindre le peuple iranien à se mettre à genoux devant vous' », a-t-il ajouté, soulignant que les dirigeants européens vivent encore à l'« époque coloniale ».

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast, a qualifié les sanctions d' « illégales, irrationnelles et inhumaines ». « Même si la question nucléaire est résolue, ils (les Occidentaux) vont mettre en avant d'autres questions pour faire pression sur l'Iran », a-t-il ajouté.

L'UE garde la même ligne

De son côté, le porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Michael Mann, a rappelé que les sanctions font parties de la double approche sanctions/négociations. Il a précisé que bien qu'il y ait des sanctions, l'UE a « néanmoins d'excellents contacts avec les Iraniens », ajoutant que la dernière réunion à Istanbul entre la Haute représentante et le négociateur iranien, Saïd Jalili, s'est déroulée dans « une atmosphère positive ». Il a également indiqué que le E3+3 a décidé fin septembre de « tendre la main aux Iraniens et de proposer de nouvelles séries de discussions ».

Concernant les sanctions européennes, un haut fonctionnaire européen a précisé qu'il ne s'attendait pas à un deuxième paquet substantiel de mesures, 10 mois seulement après le dernier, fin janvier, qui mettait en place un embargo sur le pétrole. Les ministres ont pris des sanctions touchant les secteurs des finances, du transport maritime, de l'énergie et du commerce. La législation d'application de ces mesures devrait être en vigueur d'ici un à deux mois, selon le haut fonctionnaire. Le Conseil a aussi interdit de visa et gelé les avoirs du ministre de l'Énergie, Majid Namjoo, et ceux de 31 entreprises, liées à l'énergie, et de trois nouvelles banques.

Des députés s'opposent à une visite à Téhéran d'une délégation du Parlement

Par ailleurs, des députés européens ont demandé l'annulation de la visite d'une délégation du Parlement européen en Iran, considérant que cette visite qui doit démarrer le 27 octobre va faire l'objet de propagande par le régime. Pour Alejo Vidal-Quadras (PPE, espagnol), « toute relation officielle serait contre-productive ». Struan Stevenson (ECR, britannique) a qualifié la visite d'« aberration ». « Si nous envoyons une délégation maintenant, ce sera une façon de saper tous les efforts entrepris avec les sanctions », a ajouté Tunne Kelam (PPE, estonien). (CG)

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