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Bulletin Quotidien Europe N° 10712
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Vin, baisse de 10 % de la production européenne 2012/2013

Bruxelles, 17/10/2012 (Agence Europe) - Les dernières estimations du COPA-COGECA concernant les vendanges 2012 dans l'UE-27, publiées mercredi 17 octobre à Bruxelles, montrent une baisse de la production 2012/2013 de 10 % par rapport à l'année dernière, en raison de mauvaises conditions climatiques telles que la sécheresse, le froid ou l'humidité. Les professionnels demandent dès lors la création d'un Observatoire européen du marché vitivinicole, qui permettrait de disposer d'informations actualisées concernant le marché. Le COPA-COGECA demande aussi le maintien d'un cadre réglementaire européen sur les plantations de vignes pour tous les types de vin, afin de remédier à l'extrême volatilité observée sur le marché du vin.

Lors d'une conférence de presse, Thierry Coste, président du groupe de travail 'vin'du COPA-COGECA, a parlé d'une « toute petite récolte » 2012/2013 qui devrait atteindre quelque 144 millions d'hectolitres, ce qui représente une baisse de 10 % par rapport à l'année dernière, avec un fort déclin constaté dans l'ensemble des principaux pays producteurs. La France et l'Italie n'ont pas connu une récolte aussi faible depuis quarante ou cinquante ans, a précisé M. Coste. En effet, la production française de vin est estimée à 40,6 millions d'hl, soit 19,1 % de moins que la campagne 2011/2012. Celle de l'Italie est prévue à 39,5 millions d'hl, soit 7,1 % de moins. Cette baisse de production concerne toutes les qualités de produits et est surtout « conjoncturelle ». Elle est la conséquence de la sécheresse dans les pays du sud et des conditions météorologiques froides et humides dans d'autres États membres. « On a de plus en plus de périodes très sèches sur la totalité de la zone méditerranéenne», a noté M. Coste. Au nord, le temps a été plus froid et humide et a provoqué des problèmes.

Autre caractéristique de cette faible récolte: qualitativement, « nous partons sur un très bon millésime », a précisé M. Coste. Il y aura quelques produits exceptionnels cette année, promet-t-il. C'est bien pour le producteur et le consommateur, même si cela ne compensera pas des pertes de revenus sur les exploitations. En effet, la récolte 2012/2013 a pour conséquence, selon M. Coste, que beaucoup de vignerons auront de grandes difficultés.

Production mondiale. Elle va chuter aussi au niveau mondial. Dans le nouveau monde, même si la Californie a une bonne récolte et si le Chili a augmenté un peu sa production, les baisses de production de l'Argentine et de l'Australie vont faire que cette récolte du nouveau monde va s'équilibrer, analyse Thierry Coste.

Il faut que le consommateur européen s'attende à une hausse des prix, somme toute raisonnable. Une hausse de 10 hectolitres se traduit par une hausse de 12 centimes d'euros pour le consommateur. Ce n'est pas énorme.

Observatoire européen. Il convient selon le COPA-COGECA, de mettre en place un Observatoire européen du marché du vin afin de fournir des informations complètes et actualisées concernant la situation du marché européen et mondial. « On navigue à vue » dans l'UE, a commenté M. Coste, qui précise que dans les grosses structures américaines ou australiennes, les gens sont équipés d'outils de ce type. Le COPA-COGECA a lancé un groupe de travail sur ce sujet, car il est capital pour la filière vin d'avoir cette « tour de contrôle » pour guider le marché et être réactifs.

Droits de plantations. Par ailleurs, le COPA-COGECA défend le maintien des droits de plantation de vignes, un régime qui s'apparente à « un potentiel de production », d'après Thierry Coste. Un groupe de haut niveau travaille sur ce sujet, et les professionnels demandent le maintien de ces droits de plantation car il s'agit d'un système qui « permet de garantir notre modèle fondé sur la diversité, laquelle fait notre compétitivité, notre valeur et garantit le maillage rural et la protection de l'environnement », a souligné Thierry Coste. Le COPA-COGECA préconise le maintien des droits de plantation pour tous les types de produits (appellations d'origine protégée, indications géographiques protégées et vins sans indications), et dans un cadre européen. Pour rappel, la Commission propose la fin des droits de plantation en 2015 mais a fait des propositions allant dans le sens des pays favorables au maintien des droits de plantation de vigne.

Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, a en conclusion mis en lumière l'importance du secteur vitivinicole européen, indiquant que les exportations avaient atteint la valeur de 8 milliards d'euros en 2012, représentant ainsi presque un quart des exportations européennes de produits agricoles. Onze États membres ont également appelé dans le cadre du groupe de haut niveau à un nouveau cadre réglementaire européen dans le secteur vitivinicole. « Nous faisons actuellement pression pour obtenir un résultat positif pour le secteur vitivinicole européen d'ici novembre, date à laquelle les travaux du groupe de haut niveau arriveront à leur terme, afin de préserver la rentabilité du secteur vitivinicole européen pour les producteurs et de contribuer au maintien de l'emploi dans les zones rurales de l'UE. » (LC)

 

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