Bruxelles, 10/10/2012 (Agence Europe) - La décision de onze États membres - représentant environ 90% du PIB de la zone euro - d'introduire sur leur territoire une taxe commune sur les transactions financières (TTF) a été largement saluée (EUROPE n° 10706). D'autres adhésions sont également espérées.
Difficile, la décision pour l'Italie d'adhérer à l'initiative « a été mûrie dans les derniers jours » et « en liaison permanente avec le gouvernement espagnol », a indiqué le représentant permanent auprès de l'UE, Ferdinando Nelli Feroci, mardi 9 octobre à l'issue du Conseil ÉCOFIN. Il a exclu que l'adhésion italienne ait fait l'objet de marchandages spécifiques. L'Italie a abandonné son attitude attentiste - Rome voulait voir la TTF réalisée parallèlement à l'adoption de mesures 'anti-spread' et en faveur de la croissance - après une analyse « coûts/bénéfices » et dans l'espoir de rallier « d'autres États membres encore». Anni Podimata (S&D, grecque), rapporteur du PE sur la TTF, s'est félicitée de la décision des onze pays. Cette taxe « permettra de déplacer le fardeau qui pèse sur les citoyens vers le secteur financier, qui n'a pas encore contribué de manière équitable au coût de la crise ». Son groupe fera pression pour que le plus de pays possible s'associent à l'initiative. « Ces onze États membres placent l'UE à l'avant-garde mondiale, en s'engageant à mettre en place une taxe sur les transactions qui dépasse les frontières nationales », s'est réjoui le Belge Philippe Lamberts (Verts/ALE). Il a espéré que la future proposition de la Commission inclura « le principe du pays d'émission, par lequel les institutions financières situées hors des pays participants devraient aussi être obligées à payer la TTF si elles échangent des titres émis au départ au sein de l'UE ».
La portion congrue pour financer le développement ? Saluant une avancée majeure, les ONG de développement s'inquiètent de l'absence de toute référence à l'affectation des recettes de la TTF. Pour ONE, l'ONG de lutte contre l'extrême pauvreté cofondée par Bono, le signal envoyé par la France - 1er pays à affecter en 2013 une partie (3,75%) de sa TTF nationale aux pays les plus pauvres - n'incline pas à l'optimisme: « Une telle taxe n'a un sens que si une part importante de ses revenus sert à financer le développement et la lutte contre le changement climatique. » Et l'organisation d'exhorter la France à œuvrer pour que la TTF européenne finance en grande partie la lutte contre l'extrême pauvreté. (FG/AN)