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Bulletin Quotidien Europe N° 10707
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mali

Réfugiés, l'UNHCR lance un appel à l'aide

Bruxelles, 10/10/2012 (Agence Europe) - C'est un appel à la générosité de la communauté internationale qu'est venu lancer, les 9 et 10 octobre à Bruxelles, Valentin Tapsoba, le représentant régional du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Mali, afin de combler le déficit de financement dont souffre le HCR face aux besoins humanitaires à couvrir au Mali et dans les pays voisins.

À l'heure où tous les yeux sont tournés vers la Syrie et où le principe d'une intervention militaire au Mali semble acquis (il sera précisé le 19 octobre lors du sommet UA/UE/CEDEAO), M. Tapsoba a dit sa crainte, mercredi, lors de sa rencontre avec Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale et l'Aide humanitaire, et, la veille, avec le ministre belge des Affaires étrangères, que cette crise « explosive et complexe» , aussi grave que la crise syrienne, avec les mêmes risques d'escalade soit « une crise humanitaire oubliée ». Or, au 1er octobre, elle avait déjà fait plus de 200 000 réfugiés (59 429 au Niger dans trois camps, 107 241 en Mauritanie, 34 877 au Burkina Faso, 44 en Guinée Conakry, 20 au Togo) et 118 795 déplacés internes. « Ces chiffres sont probablement plus élevés car nous n'avons pas accès partout. Nous avons lancé un appel portant sur 153,7 millions de dollars pour les pays impliqués, or actuellement, nous sommes financés à 40,6%. Nous ne faisons que des activités pour sauver des vies», a déclaré M. Tapsoba à la presse européenne. Ce qu'il faut, c'est combler d'urgence le « gap » pour couvrir les besoins en éducation des enfants, en eau potable pour les hommes et leur bétail, en assainissement, en abris adaptés aux températures élevées du Sahel (des tentes standard sont inadaptées), a indiqué M. Tapsoba. Et d'ajouter que « la sécurité est le gros problème, le déplacement du personnel des Nations unies ou des ONG étant impossible sans escorte militaire, ce qui est très coûteux ». Au Burkina Faso, 57% des réfugiés sont des enfants qui ont déjà perdu l'année scolaire 2011-2012 et risquent de perdre l'année 2012-2013. Les besoins en abris sont couverts à 50% au Niger et à 40% au Burkina Faso. Les besoins en douches sont couverts à 66% et en latrines à 80%. S'agissant des besoins alimentaires, le HCR travaille avec le programme alimentaire mondial (PAM) « mais celui-ci n'est pas toujours en mesure de fournir des paniers alimentaires complets ». Dans le domaine de la santé, MSF (France, Belgique, Suisse) et Médecins du monde, « aident avec leur propre financement, mais d'ici à décembre s'ils se replient en considérant que l'urgence est terminée, nous serons très affectés », avertit M. Tapsoba. Il ajoute: « Avec l'intervention de la CEDEAO qui se profile, il faut préparer un plan de contingence sous-régional coordonné, avec le financement requis », selon 4 scénarios: - la dégradation progressive de la situation sans affrontement armé ; - une intervention de l'armée malienne soutenue par la CEDEAO et la communauté internationale (un projet est actuellement en circulation) ; - la déstabilisation politico-militaire ; - la descente des groupes armés vers le sud pour marcher sur Bamako. (AN)

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