Bruxelles, 21/09/2012 (Agence Europe) - Le choix des pays éligibles à l'aide au développement de l'UE ne peut se faire sur le seul critère de revenu par habitant, comme le propose la Commission européenne pour l'après 2013 estime la commission du développement du Parlement européen que préside Eva Joly (Verts/ALE, française). Et c'est cette conviction qui, mercredi 19 septembre à Bruxelles, a guidé le vote des amendements parlementaires à la proposition de la Commission relative à l'instrument de financement de la coopération au Développement (ICD), le plus grand instrument de financement externe de l'UE (23,3 milliards d'euros dans le projet de budget 2014-2020). Adoptés à une majorité écrasante (22 voix pour, 0 contre et 1 abstention), ces amendements constituent le mandat pour les négociations informelles qui vont débuter avec le Conseil sur le nouveau règlement de l'ICD, qui doit être adopté avant décembre 2013.
« Le Parlement européen veille à ce que l'accent soit mis sur les pays les plus pauvres et les groupes les plus vulnérables. À lui seul, le PIB ne reflète pas le niveau de pauvreté d'un pays. Il faut prendre en compte la progression des richesses », résume le rapporteur, Thijs Berman (S&D, néerlandais), dans un communiqué.
La commission parlementaire demande: - la prise en compte des défis liés à la pauvreté et aux inégalités dans les « pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure » sur la base d'indicateurs comme l'indice de développement humain, l'écart de pauvreté ou le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (la Colombie, l'Équateur et le Pérou pourraient ainsi continuer à bénéficier des programmes d'aide) ; - des périodes de transition lors de l'abandon des programmes d'aide pour des pays spécifiques, et l'utilisation des fonds de l'ICD pour mettre en œuvre, pendant cette période transitoire, des programmes particuliers concernant, par exemple, les systèmes de protection fiscale et sociale, la bonne gouvernance, les droits de l'Homme et la société civile ; - cet abandon progressif de l'aide devrait s'accompagner d'un dialogue politique avec le pays concerné, axé sur les besoins des catégories les plus pauvres et les plus vulnérables ; - un droit pour le PE d'influencer des décisions importantes concernant l'allocation et la distribution de l'aide dans des pays spécifiques et un droit de véto sur les décisions de planification stratégique de la Commission ; - une aide à la lutte contre le changement climatique distincte de l'aide au développement, pour ne pas fragiliser ni remettre en cause la lutte contre la pauvreté. (AN)