Bruxelles, 21/09/2012 (Agence Europe) - Les pilotes d'avion et membres d'équipage craignent qu'une révision des règles européennes sur les limitations de durée du temps de pilotage soit contraire à la sécurité aérienne, notamment en termes de fatigue. L'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) est sur le point de présenter une proposition de révision, normalement avant la fin du mois. Mais l'Association européenne des cockpits (ECA) estime que les services de l'AESA ont négligé les risques de la fatigue pour la sécurité aérienne, pourtant attestés de manière scientifique. Selon le président de l'ECA, Nico Voorbach, « l'opinion de l'AESA est une proposition dangereuse pour la sécurité du public européen qui voyage ».
22 heures éveillés. D'après l'ELA, une combinaison des différentes règles révisées permettrait à un pilote de procéder à un atterrissage après avoir été éveillé pendant 22 heures (heures de veille et de vol additionnées). En effet, les modifications apportées au système de réserve et de veille (16 heures, contre 12 actuellement) tiendraient les pilotes et les membres d'équipage éveillés encore plus longtemps avant de voler. Pourtant, « aussi longtemps que vous travaillez, le plus dur est toujours en bout de course, lorsqu'il faut procéder à l'atterrissage », a expliqué M. Voorbach, lui-même pilote pour une grande compagnie aérienne. Les pilotes sont donc d'avis que, la nuit, « il ne faut pas voler plus de 10 heures », alors que « l'AESA proposerait 11 heures », et ce malgré le fait que « la fatigue croît de façon exponentielle après », a déclaré le secrétaire général de l'ECA, Philip von Schöppenthau.
Profit avant sécurité ? L'association regrette que l'AESA ait pris le parti d'ignorer les considérations scientifiques à propos de la fatigue, et l'impact de cette fatigue sur la sécurité aérienne. Ils y voient aussi une manigance de la part des compagnies aériennes, qui saisiraient l'opportunité d'une révision des temps de vol pour gagner en flexibilité et en profit sur l'emploi du temps des pilotes et de leurs équipages. « Pourquoi les intérêts commerciaux doivent ils passer avant la sécurité ? », s'est alarmé M. Voorbach, qui rappelle qu'un accident est plus coûteux que des mesures de précautions. (MD)