Bruxelles, 20/09/2012 (Agence Europe) - Les régions d'Europe parviennent à limiter la casse dans la tourmente de l'économie européenne, comme en témoignent les chiffres 2011 compilés par la banque Dexia crédit local, conjointement avec le Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE). Mais pour combien de temps encore ? Au fur et à mesure, des recentralisations et de la chute des investissements directs, les régions risquent de perdre leur capacité à amorcer la relance économique.
Recettes et des dépenses sous contrôle. Dans leur note sur « les finances publiques territoriales dans l'Union européenne », Dexia crédit local et CCRE présentent une photographie du secteur public territorial dans les 27 États membres. Frédéric Vallier, secrétaire général du CCRE en conclut que « la situation n'est pas dramatique » car, à l'exception de certains länders allemands ou de régions autonomes espagnoles, « les régions n'ont pas le droit de financer leur dette par de l'emprunt ». En 2011, le niveau infranational a donc pu garder la tête hors de l'eau malgré la crise et les plans d'austérité. Cela est dû à une optimisation des recettes et des dépenses sous contrôle. Il en résulte un déficit en légère baisse de 0,8% du PIB en 2010 à 0,7% en 2011. cette baisse serait attribuable, selon l'enquête, à un bon dans les recettes fiscales des collectivités territoriales (+5,5%). En 2011, les autorités locales se seraient donc tournées vers les contribuables pour renflouer les caisses. Grand bien leur en a fait: l'augmentation des impôts locaux a permis de compenser la perte de près de 5% des transferts des états centraux. Les recettes générales des collectivités locales ont donc restées stables en 2011.
Dangereuse perte de vitesse des investissements. Toutefois, la même année les pouvoirs locaux se sont astreints à diminuer leurs dépenses. Cette situation a un impact notable, douloureux même, sur les investissements. Sur deux ans, les investissements directs ont chuté de 14%, une situation préoccupante. M. Vallier explique que « les régions sont le levier pour la croissance et le développement. La reprise ne pourra se mettre en place qu'avec des politiques de développement locales fortes et des investissements, dans l'emploi ou la mobilité, par exemple ».
Recentralisation contreproductive ? Il ajoute que cela dépend aussi « de quelle marge de manœuvre et de quelle capacité à dégager des ressources jouissent les régions ». Or, il observe qu'en Europe « les États ont tendance à recentraliser les politiques et les modes de financement », suite à leur quête vers plus d'efficience, propre au contexte économique actuel. Que l'État central ait tendance à limiter les subsides ou à se réapprovisionner certains impôts est, selon M. Vallier, « contraire au politique de développement local, car les régions deviennent tributaires de l'État ». Il souhaite que les collectivités puissent avoir un accès direct aux fonds structurels « sans plus passer par l'État, et que l'Europe intervienne directement ». (MD)