Bruxelles, 20/09/2012 (Agence Europe) - Ledirecteur général pour l'Afrique du Nord, le Moyen Orient, la Péninsule arabique, l'Iran et l'Irak, Hugues Mingarelli a appelé, le 19 septembre, à une solution négociée en Syrie, soulignant devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen que « l'opposition est incapable de vaincre à court terme selon les experts militaires » et qu' « il n'y a pas de possibilité d'intervention militaire à court terme ». Pour lui, la solution négociée « n'est pas une question de morale, mais de réalisme politique », soulignant qu'il faut en parallèle essayer d'avancer au Conseil de sécurité des Nations unies.
De son coté, l'ambassadeur de la Turquie auprès de l'UE, Selim Yenel, s'est montré plus optimiste. « L'opposition s'en sortira seule, mais il faut un peu les aider », a-t-il expliqué sans donner plus de détails. « On ne peut pas intervenir dans ce pays (…) il faut s'en remettre à l'opposition, c'est la seule chose que l'on peut faire », a-t-il précisé.
Les deux hommes ont aussi fait part de la désunion de cette opposition syrienne. M. Mingarelli a souligné la fracture entre l'opposition, qui prône les armes et celle qui estime qu'une solution négociée est encore possible, sans compter les lignes de fractures confessionnelles. Mais, « en dépit des fractures, il y a la possibilité d'arriver a une ligne commune », a-t-il précisé. M. Yenel a précisé qu'il est difficile de fédérer les fractions de l'opposition car une partie se trouve à l'étranger et que les possibilités de communication sont compliquées.
M. Mingarelli a ajouté que 'l'après Assad' devra être un processus inclusif avec toutes les minorités, sans « chasse aux sorcières ». M. Yenel s'est inquiété de « la possibilité de division sur les bases ethniques, confessionnelles ». « Nous voulons que l'intégrité territoriale soit respectée, qu'elle reste intacte », a-t-il précisé.
La Syrie évoquée lors de l'Assemblée générale de l'ONU
La Syrie sera aussi largement discutée en marge de la semaine ministérielle de l'Assemblé générale des Nations unies, la semaine prochaine à New York. La commissaire à l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, présidera « sûrement » une réunion des donateurs, pour mobiliser plus de donateurs et accroître leur coordination, a précisé M. Mingarelli. La Haute représentante de l'UE Catherine Ashton rencontrera le représentant spécial Lakhdar Brahimi et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi. Une réunion du corps du groupe des Amis de la Syrie devrait aussi avoir lieu à la demande de la secrétaire américaine Hillary Clinton. (CG)