Bruxelles, 20/07/2012 (Agence Europe) - La proposition visant à interdire progressivement certains engins de chalutage en eaux profondes a été saluée par les organisations environnementalistes, mais dénoncée par les professionnels, surtout français.
« Nous manifestons d'ores et déjà notre vive préoccupation et dénonçons la forme et le parti pris dans cette affaire qui semble avoir fait l'objet de fortes pressions extérieures », ont déclaré les présidents d'Europêche, Javier Garat, de l'AEOP (Association européenne des organisations de producteurs dans le secteur de la pêche), Sean O'Donoghue, et du groupe de travail pêche du Copa-Cogeca, Giampaolo Buonfiglio.
Les trois présidents estiment que cette proposition ne tient pas compte des recommandations scientifiques émises par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) concernant l'état des stocks des espèces d'eaux profondes. Le ministre français délégué à la Pêche, Frédéric Cuvillier, a d'ores et déjà annoncé qu'il s'opposerait à une telle interdiction « sans discernements » de certains engins de pêche, qui aurait selon lui « de très lourdes conséquences socio-économiques et ne serait pas acceptable ».
L'eurodéputée Isabelle Thomas (S&D, française) estime que cette interdiction aura un impact socio-économique « dévastateur » sur des territoires maritimes tels que la Bretagne, détruisant des centaines d'emplois directs et un nombre important d'emplois indirects, tant notamment dans la maintenance, que dans le transport et la distribution.
Les ONG sont très satisfaites. Selon Saskia Richartz, de Greenpeace, cette pêche compte parmi « les plus destructrices, les plus consommatrices en carburant et les plus dépendantes des subventions européennes ». La plupart des espèces exploitées en eaux profondes sont associées à des écosystèmes vulnérables qui sont extrêmement sensibles à l'impact destructeur de ces pratiques de pêche, souligne pour sa part Xavier Pastor, d'Oceana Europe. (LC)