Bruxelles, 20/07/2012 (AgenceEurope) - Presque deux citoyens européens sur 1000 sont forcés à travailler et font l'objet d'un trafic dans les États membres de l'UE, ce que la législation européenne considère comme
« une violation fondamentale des droits de l'Homme ». En somme, ce sont 880 000 personnes qui sont souvent leurrées par des fausses propositions d'emploi. Les conditions de travail ne correspondent souvent pas à leurs attentes, alors qu'elles sont en même temps forcées de rester dans une situation irrégulière et en ayant peu de marge de manœuvre.
La récente étude de l'Organisation internationale du travail (OIT) pointe ainsi le doigt sur une réalité qui touche en particulier les femmes, qui représentent 58% des victimes de la traite des êtres humains. La majorité des victimes sont des citoyens de l'UE, alors qu'une minorité est constituée de migrants de l'Europe de l'est et du sud, et de l'Afrique. Ces personnes sont forcées à travailler dans 70% de cas et dans 30% le motif principal est l'exploitation sexuelle.
« Notre analyse des cas montre clairement que l'agriculture, le travail domestique, la production manufacturières et la construction sont les principaux secteurs où le travail forcé a été constaté dans l'UE », a expliqué Beate Andrees, directrice du programme spéciale d'action de l'OIT pour le combat contre le travail forcé, dans un communiqué du 10 juillet. Les actions menées par les autorités nationales de l'UE, avec le soutien de l'OIT, visent à combattre la logistique de ce phénomène, c'est-à-dire les mécanismes de recrutement et de duperie. La crise économique peut être un facteur amplifiant la traite des êtres humains, a souligné Mme Andrees, tout en dénonçant le faible taux de condamnation en justice des responsables de ces trafics. (JK)