Bruxelles, 20/07/2012 (Agence Europe) - La commissaire à la Justice et aux droits fondamentaux Viviane Reding a vivement réagi jeudi 19 juillet aux propos du président du groupe S&D au Parlement européen, Hannes Swoboda, l'ayant accusée dans un communiqué datant du 19 juillet (EUROPE n° 10659) de manquer d'objectivité et d'impartialité dans la controverse qui oppose actuellement la Commission à la Roumanie.
La commissaire luxembourgeoise a rejeté ces accusations, trouvant « hautement regrettable » le fait que M. Swoboda questionne la réponse de l'Union européenne avec des « chamailleries de partis ». Mme Reding a tenu également à rappeler à M. Swoboda qu'en 2009, la Commission avait lancé une procédure d'infraction contre l'ancien gouvernement d'Emil Boc et le ministre chargé des Télécoms à l'époque, Gabriel Sandu. Cette procédure visait à contester une décision d'écarter le président de l'autorité de régulation nationale des télécommunications, qui portait « gravement atteinte » à l'indépendance de l'institution, avait alors estimé Mme Reding. Et « le gouvernement était conservateur à cette époque », a encore rétorqué Mme Reding. La commissaire rappelle aussi que la Commission a agi face aux gouvernements de droite français et hongrois, s'agissant des Roms pour le premier et de la succession de lois jugées liberticides pour le second.
Jeudi, Hannes Swoboda avait dénoncé une réponse « orientée » politiquement de l'UE et de la commissaire luxembourgeoise, face aux troubles politiques roumains actuels qui amèneront les citoyens de ce pays à se prononcer le 29 juillet sur la destitution officielle du président de centre-droit Traian Basescu, déjà suspendu.
Mercredi, dans son rapport sur le Mécanisme de coopération et vérification (CVM), la Commission a en effet critiqué sévèrement différentes mesures prises ces dernières semaines par la coalition de centre-gauche du Premier ministre Victor Ponta, arrivée au pouvoir début mai. Mesures qu'elle juge potentiellement dangereuses pour la démocratie dans le pays et le respect de principes clefs comme l'indépendance du pouvoir judiciaire. Dans un entretien donné au quotidien allemand FAZ le jour de la publication des rapports roumain mais aussi bulgare, la commissaire Viviane Reding avait prôné la création d'un ministre européen de la Justice qui puisse disposer des moyens d'actions face à ce genre de crises. (SP)