Bruxelles, 20/07/2012 (Agence Europe) - En visite en France et notamment à Marseille où il a évoqué la coopération euroméditerranéenne, le président tunisien a exprimé des doutes quant à l'UpM (Union pour la Méditerranée) et à ses bénéfices immédiats. Ce même sujet a été évoqué lors de ses entretiens à Paris avec le président français, François Hollande, lequel a aussi marqué son intention de « rouvrir le dossier d'une autre manière que par le passé » (EUROPE n° 10658).
Moncef Marzouki confirmait ainsi dans des déclarations aux médias de la région de Provence le choix de son pays pour une coopération plus centrée sur la Méditerranée occidentale: « L'UpM oui, j'y crois, mais dans 10, 20 ou 30 ans ». L'objectif d'une UpM lui semble « intéressant, mais à très long terme » et « ne peut pas se construire en faisant l'impasse sur les différences entre les pays, sur le conflit israélo-palestinien. Elle ne peut pas non plus devenir une union entre des dictatures et des démocraties. Des régimes qui ne se ressemblent pas ne peuvent pas s'unir ».
Sa préférence va explicitement à une coopération renforcée entre les pays du bassin occidental dans le cadre du ' 5+5 ' (cinq pays de l'UE, Malte, Italie, France, Espagne et Portugal et les cinq membres de l'UMA - Union du Maghreb Arabe - Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie) dont une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères est annoncée pour octobre à Malte. « Le ' 5+5 ' peut être tout de suite relancé » engageant des « régimes politiques démocratiques ». Ceci, pense-t-il, devrait faciliter la tâche dans les discussions et l'avancement de projets communs, et réalisables, comme par exemple sur la pollution de la Méditerranée.
Pour le président tunisien, il n'y a pas de concurrence entre l'UpM et le '5+5': ce dernier peut « jouer le même rôle pour l'UpM que celui joué par le Benelux pour la construction de l'Europe. Nous devrions mettre en place un noyau dur, le 5+5 sur lequel pourraient s'agréger les États au fur et à mesure ». (FB)