Bruxelles, 16/07/2012 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne ont reporté d'une semaine une visite prévue en Roumanie et se rendront dans ce pays après le référendum sur la destitution du président prévu le 29 juillet, a annoncé lundi le Premier ministre roumain Victor Ponta, selon l'agence Reuters. « C'est une procédure normale. Le FMI et l'Union européenne ont toujours préféré ne pas venir en période de campagne électorale », a indiqué M. Ponta lors d'une conférence de presse. La visite de la délégation du FMI et de l'UE devait débuter le 24 juillet et a été reportée au 31 juillet, a précisé le Premier ministre.
Confrontée à une grave récession en 2009 et 2010, la Roumanie avait dû avoir recours à un plan d'urgence du FMI, de l'UE et de la Banque mondiale de 20 milliards d'euros. Le gouvernement de centre-droit qui était alors au pouvoir, jusqu'à sa chute sur une motion de censure en mai, avait en échange adopté des mesures d'austérité draconiennes afin de redresser les finances publiques. Ce sont précisément ces mesures d'austérité qui ont été reprochées au président Basescu et qui ont justifié le déclenchement de la procédure de destitution par la coalition de centre-gauche, l'Union sociale-libérale (USL) de M. Ponta. Cette procédure ayant été validée par le parlement roumain le 6 juillet dernier et M. Basescu provisoirement suspendu, sa destitution ne sera définitive qu'après le référendum du 29 juillet.
Ces troubles politiques internes ainsi que plusieurs mesures réduisant les pouvoirs d'institutions comme la Cour constitutionnelle roumaine ont en tout cas conduit la Commission à renforcer ces dernières semaines sa surveillance de la Roumanie et à demander une série d'explications au Premier ministre Ponta. Convoqué à Bruxelles le 12 juillet, celui-ci avait été sommé par la Commission de revenir sur des mesures jugées potentiellement dangereuses pour la démocratie roumaine et M. Ponta avait promis de s'engager le plus rapidement possible et par écrit à répondre à toutes les doléances de la Commission. Lundi 16 juillet, celle-ci n'avait toutefois toujours pas reçu ces engagements écrits, a indiqué Olivier Bailly, porte-parole de la Commission. La Commission et Bucarest ont été en contacts étroits tout le week-end, a poursuivi le porte-parole, et « on attend la confirmation » par écrit des engagements de M. Ponta. Le porte-parole a précisé qu'il n'y avait « pas de temps à perdre ». La Commission publiera mercredi 18 juillet son rapport annuel sur le Mécanisme de coopération et vérification (CVM) et y reportera tous les événements de ces dernières semaines, a encore rappelé le porte-parole. (SP)