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Bulletin Quotidien Europe N° 10656
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Merkel durcit à nouveau le ton

Bruxelles, 16/07/2012 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel a réitéré ses positions concernant les aides financières accordées aux pays en difficulté dimanche 15 juillet sur la chaîne publique allemande ZDF. Elle a exclu que la solidarité puisse avoir lieu « sans contrepartie, (…) sans contrôle », estimant que toutes ces tentatives « n'auront aucune chance face à moi, face à l'Allemagne ».

À ses yeux, le préalable à toute forme de mutualisation des dettes n'est autre qu'une « plus grande coopération » accompagnée d'un « transfert de souveraineté à Bruxelles ». Mme Merkel a ajouté qu'il devait y avoir un contrôle pour quiconque recevrait une assistance financière. Des propos destinés à Madrid, dont le plan de sauvetage sera, selon elle, assorti de conditions.

Elle a par ailleurs rappelé que le gouvernement espagnol serait « évidemment garant des aides » qui lui seraient accordées pour venir en aide à son secteur bancaire, arguant qu'aucune discussion ne s'était tenue sur une éventuelle modification de ce principe lors du Sommet des 28 et 29 juin derniers. Une façon de dissiper le trouble autour de la question.

La semaine dernière en effet, dans la presse allemande, Klaus Regling, qui prendra prochainement la tête du Mécanisme européen de stabilité (EUROPE n°10652), fonds européen permanent qui devrait, à terme, remplacer le FESF, avait déclaré que les États pourraient éviter de devoir se montrer garants pour les prêts accordés à leurs banques. Ces propos avaient également été tenus par Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, et Olli Rehn, commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires, à l'issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, lundi 9 juillet (EUROPE n°10652). Des déclarations contredites par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui avait avancé le même jour attendre des États qu'ils garantissent ces prêts.

Lors de l'entretien qu'elle a accordé à la chaîne ZDF, Angela Merkel a également évoqué la Grèce, qu'elle a appelée à respecter ses « engagements ». Quant à la suite de l'aide apportée à Athènes, elle a refusé de se prononcer avant le débriefing de la prochaine mission de la 'troïka' (BCE, CE, FMI), qui est attendue à Athènes le 24 juillet (EUROPE n°10655).

L'aide européenne accordée à l'Espagne pour venir en aide à son secteur bancaire, dont l'enveloppe s'élève à 100 milliards d'euros, sera par ailleurs votée par les députés allemands jeudi 19 juillet. La chancelière s'est voulue confiante quant à l'issue de ce vote: « Nous aurons la majorité dont nous avons besoin », a-t-elle assuré. Une même majorité qu'elle était parvenue à asseoir le 29 juin dernier lors du vote sur le MES et le Pacte budgétaire. Ces deux textes sont toujours en suspens depuis le recours introduit par la gauche 'Die Linke' auprès de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe (EUROPE n°10640). La Cour a annoncé lundi 16 juillet qu'elle se prononcerait sur la question le 12 septembre prochain (voir autre nouvelle). (EL-stag)

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