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Bulletin Quotidien Europe N° 10647
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) conseil europÉen

Le PE dénonce la cacophonie de l'Eurozone

Bruxelles, 03/07/2012 (Agence Europe) - De nombreux eurodéputés ont vertement critiqué, mardi 3 juillet, l'attitude de la Finlande et des Pays-Bas qui se sont désolidarisés de la décision - pourtant unanime - du sommet de l'Eurozone de soutenir les pays qui font des efforts importants d'ajustement mais peinent à emprunter sur les marchés. « Chaque pays revendique un résultat différent. M. Van Rompuy: dites-nous ce sur quoi vous vous êtes mis d'accord ! », a lancé Mario Mauro (PPE, italien) au président du Conseil européen venu expliquer en plénière du Parlement européen les résultats du dernier sommet européen (EUROPE n°10645). « La Finlande est-elle obligée » de se conformer aux décisions prises ?, a-t-il interrogé, en dramatisant: « De ce que vous direz dépend la survie de mon pays ». La libérale française Sylvie Goulard a abondé dans le même sens: « Quel que soit ce que vous ayez décidé, mettez vous d'accord. Faites-les taire ! Cessons cette cacophonie indécente ! (…) Ce qui est en jeu, c'est le destin du sud de l'Europe ». Qu'ont fait les Premiers ministres finlandais et néerlandais lors du sommet ? Ont-ils dormi ? N'ont-ils pas compris ?, a grincé le président du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda. De l'avis de son homologue du groupe libéral, le Belge Guy Verhofstadt, si la Finlande continue comme cela, la fenêtre de tir qu'a ouverte le Conseil européen ne restera ouverte que « quelques heures ».

Le gouvernement finlandais, et dans une certaine mesure les autorités néerlandaises, s'oppose à la possibilité que les fonds européens de sauvetage, le FESF provisoire et le MES permanent, rachètent des titres de dette publique des pays de la zone euro qui respectent leurs engagements budgétaires et macroéconomiques mais peinent à refinancer leur dette publique sur les marchés (EUROPE n°10646). Or, le sommet de l'Eurozone a réaffirmé cette possibilité d'intervention qui vise directement l'Italie et l'Espagne, deux pays de la zone euro considérés comme 'too big to fail'. Déjà prévue dans les statuts des fonds européens, cette compétence serait assortie en cas d'activation de conditions budgétaires et macroéconomiques inscrites dans un mémorandum signé entre le pays demandeur et ses créanciers institutionnels.

Pour le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, l'issue du Conseil européen ne fait cependant aucun doute. « Les décisions sont toujours prises à l'unanimité, il ne peut pas y avoir d'autres types de décisions. Chaque pays doit prendre ses responsabilités, notamment pour l'exécution des décisions. Certains pays ne peuvent pas bloquer seuls ces décisions ». (MB)

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