Bruxelles, 03/07/2012 (Agence Europe) - Les eurodéputés ont qualifié de mitigé, mardi 3 juillet, le bilan de la présidence danoise. Ils ont salué certaines avancées concrètes, l'adoption de la directive sur l'efficacité énergétique, mais ont distribué un mauvais point concernant la gestion du dossier 'Schengen'.
Le Premier ministre danois, Madame Helle Thorning Schmidt, a souligné que son pays a essayé de travailler avec la méthode des petits pas. « Construire l'Europe sur la base de la solidarité, voilà ce que nous avons essayé de faire, travailler pas à pas », a-t-elle précisé, convaincue que la présidence danoise avait constamment œuvré pour répondre « au défi de plus d'Europe et pas de moins d'Europe ».
Point par point, Mme Thorning-Schmidt a évoqué les avancées engrangées en six mois de présidence. Avec l'adoption du Pacte sur la croissance et d'emploi, « même s'il ne résout pas tout, la lumière est au bout du tunnel pour les Européens dans la crise », a-t-elle considéré, précisant qu'il est maintenant nécessaire de mettre en œuvre les mesures. Elle a aussi mis en avant les progrès pour une Europe plus dynamique: mesures sur la recherche et l'éducation, approfondissement du marché unique à travers le « compromis historique sur la réforme du brevet », la baisse des tarifications transfrontalières pour les téléphones mobiles, l'accord sur les marchés de capital-risque. Pour rendre l'Europe plus responsable, le Premier ministre danois a rappelé ses efforts en termes de discipline budgétaire, avec des « mesures importantes », telles que l'accord au Conseil sur le paquet complétant le Pacte de stabilité révisé ('2 pack') et qui fait l'objet de négociations interinstitutionnelles. Mme Thorning-Schmidt a également insisté sur les progrès sur l'économie verte, « une grande priorité de notre présidence ». En outre, le statut de pays candidat à l'adhésion à l'UE a été octroyé à la Serbie, tandis que les négociations avec le Monténégro vont démarrer.
Avancées sur la croissance verte et les négociations budgétaires
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a félicité une présidence du Conseil de l'UE « au travail », qui a fait de « gros efforts pour la stabilité de l'Europe en ces temps difficiles ». Il a mis en avant les efforts entrepris en matière de croissance et de défense de l'environnement. Saluant les travaux consacrés au futur cadre financier pluriannuel (CFP), il a quand même regretté que la 'negotiating box' ne reprenne pas tous les éléments, selon lui, nécessaires. Les avancées sur le CFP ont aussi été reconnues par le président du Parlement européen, Martin Schulz. « Je suis tout à fait optimiste, nous pourrons conclure le dossier pour la fin d'année. Au début, j'étais très sceptique. Mais nous sommes parvenus à un climat de coopération étroite et la confiance a permis d'engranger des progrès remarquables », a-t-il estimé. Pour Lambert van Nistelrooij (PPE, néerlandais), des lacunes liées au respect des prérogatives du PE demeurent en matière de négociation sur le budget communautaire.
Dan Jorgensen (S&D, danois) a salué certains résultats concrets qui auront « des répercussions sur l'ensemble des Européens ». Arturs Krisjanis Karins (PPE, letton) a apprécié que la présidence danoise ait été en mesure de se concentrer sur des dossiers moins brûlants qui auraient pu être négligés en tant de crise. Comme le président du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, il a relevé les efforts entrepris dans le domaine de l'énergie (importation des pays tiers, efficacité énergétique, emplois 'verts'). Quant à l'eurosceptique britannique Martin Callanan, il a félicité le Danemark pour avoir « enterré la taxation sur les transactions financières, refusé d'ouvrir les négociations sur la directive relatives aux travailleuses enceintes, et en tant que contributeur net, imposé une gestion stricte de l'Union ».
Schengen: l'échec de la présidence
Les présidents du PE et de la Commission et de nombreux députés ont critiqué la décision du Conseil relative à la gestion de l'Espace Schengen de libre circulation des personnes. « Nous avons besoin d'un mécanisme d'évaluation Schengen avec une dimension communautaire forte. La Commission ne peut accepter le résultat final », a indiqué M. Barroso. Pour M. Schulz, cette décision est « inacceptable pour le Parlement, c'est un des grands points de controverse de la présidence danoise », précisant que ce n'était pas le Danemark en tant que tel mais le Conseil présidé par le Danemark « qui a fait preuve d'une attitude provocatrice ».
D'autres critiques ont concerné les mesures visant à stimuler la croissance ou l'accord sur le brevet de l'UE. Pour Søren Bo Søndergaard (GUE/NGL, danois), pour qui le Pacte sur la croissance est un « cataplasme sur une jambe de bois », les promesses sur le retour de la croissance n'ont pas été tenues.
Alexander Graf Lambsdorff (ADLE, allemand) et Raffaele Baldassarre (PPE, italien) ont critiqué l'accord obtenu sur les brevets, dénonçant la modification du texte par le Conseil. Enfin, pour Daniël van der Stoep (NI, néerlandais), « 2012 est le signe de l'échec de l'Europe, de l'euro ». (CG)