Bruxelles, 03/07/2012 (Agence Europe) - Les députés plaident pour des zones de libre-échange complètes et approfondies avec les pays du voisinage Est de l'UE, l'objectif étant de les soutenir dans la poursuite de la transition démocratique et à prévenir les conflits dans la région.
Dans une résolution adoptée à main levée, mardi 3 juillet en plénière à Strasbourg, sur la base du rapport du tchèque Miroslav Ransdorf (GUE/NGL), le Parlement européen donne ses recommandations pour chacune des six ex-républiques d'URSS associées à l'UE dans le cadre du Partenariat oriental. Si le marché européen est le principal débouché pour les exportations de la plupart de ces pays, les députés s'inquiètent de la forte présence de la Chine dans la région, comme du risque que la Russie perturbe les négociations commerciales entre l'UE et ses partenaires orientaux, notamment en leur offrant des prix du gaz plus bas. Pour accélérer la mise en place des zones de libre-échange attendues, le Parlement recommande la mise en conformité des lois nationales des pays du Partenariat oriental avec la législation communautaire.
Arménie. Les députés sont préoccupés par les liens étroits entre les milieux politiques et des affaires dans le pays, un système fiscal moins que transparent et la faible protection des investisseurs. Ils attirent aussi l'attention sur le conflit du Haut-Karabakh avec l'Azerbaïdjan, et l'isolement économique généré par le conflit avec la Turquie. L'UE et l'Arménie veulent conclure un accord pour la création d'une zone de libre-échange, qui s'inscrit dans le cadre plus large d'un accord d'association négocié depuis juillet 2010.
Azerbaïdjan. Les députés demandent à l'Azerbaïdjan de diversifier son économie, afin de réduire sa dépendance au pétrole, qui représente la moitié de son PIB, et le rend vulnérable à la volatilité des prix de l'or noir. Ils plaident également pour une plus grande attractivité de l'investissement dans le pays.
Bélarus. Les députés déplorent l'éloignement du modèle économique bélarusse comme des normes politiques du pays avec ceux de l'UE. La mainmise de l'État sur l'économie bélarusse - 80% des entreprises sont publiques - et le niveau élevé de la pauvreté - 20% de la population - sont aussi critiqués. Le rôle du pays en tant que plateforme de transit énergétique est néanmoins mis en avant.
Géorgie. Les députés appellent Tbilissi à s'attaquer au problème de la contrefaçon des logiciels dans le pays, qui est le plus affecté de la région dans ce secteur. La résolution demande aux autorités géorgiennes de faire en sorte qu'une fois ficelé un accord de libre-échange, seuls les produits originaires des régions du pays qui reconnaissent formellement leur adhésion à l'État géorgien soient éligibles aux préférences commerciales. L'UE et la Géorgie négocient depuis mars un accord pour une zone de libre-échange complète et approfondie, qui s'inscrit dans le cadre d'un accord d'association négocié depuis juillet 2010.
Moldavie. S'ils soulignent sa fragilité économique, les députés saluent les réformes entreprises par le pays pour stimuler sa croissance. L'UE et la Moldavie ont entamé au printemps des négociations pour une zone de libre-échange complète et approfondie, qui s'inscrit dans le cadre plus large d'un accord d'association négocié depuis janvier 2010.
Ukraine. Les députés s'inquiètent des effets négatifs du climat d'investissement dans le pays, qui peuvent inclure des obstacles à l'entrée sur le marché. Kiev est prié de modifier ses lois pour faciliter le transit libre et ininterrompu du gaz vers le marché européen. Le Parlement dit en outre espérer que les obstacles politiques à la signature de l'accord d'association, ficelé en octobre 2011, seront bientôt surmontés. (EH)