Bruxelles, 03/07/2012 (Agence Europe) - Salvateurs pour les uns, pusillanimes pour les autres, les résultats du Conseil européen des 28 et 29 juin ne font pas l'unanimité au sein des partenaires sociaux. Alors que BusinessEurope, le représentant des employeurs européens, considère que les mesures adoptées permettent d'« accroître la confiance et la croissance en Europe », la Confédération européenne des syndicats (CES) ne partage pas cet optimisme, jugeant que ces mesures ne vont pas assurer une relance de l'économie ni engendrer une baisse du chômage.
Réaction des employeurs. Les résultats, plutôt inattendus, du dernier Conseil européen (EUROPE nº10645) n'ont pas seulement fait bondir les bourses européennes, ils ont également réjoui BusinessEurope. « Sauver l'euro », en permettant notamment au Mécanisme européen de stabilité (MES) de prêter sans intermédiaire aux banques, c'était leur principale revendication (EUROPE nº10642). Chose aujourd'hui acquise. De même, la validation par le Conseil européen d'un compromis sur le brevet unitaire est, pour le lobby des entreprises, « un élément clé pour stimuler l'innovation en Europe », même si l'attente a été longue avec plusieurs décennies de tractations. La majorité des souhaits étant exaucés, il ne reste plus qu'à tout « mettre en pratique », a dit Philippe de Buck, directeur général de BusinessEurope.
Réaction des syndicats des travailleurs. « Quelques mesures qui permettent de gagner un peu de temps » ; c'est en ces termes que Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES, a évalué les résultats du Sommet. Certes, l'Espagne et l'Italie vont retrouver leur souffle avec une pression diminuée sur leurs dettes. Mais les mesures qui composent le Pacte pour la croissance et l'emploi et se traduisent par un paquet de 120 milliards d'euros ne sont pas, pour la CES, une si grande « lueur d'espoir », selon l'expression employée par le Premier ministre danois, Helle-Throning Schmidtt, vendredi 29 juin. La raison en est que ce n'est « pas vraiment nouveau », car « à part une augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement (BEI), il s'agit d'une utilisation améliorée des fonds européens et d'une mise en œuvre de programmes déjà existants », a souligné Mme Ségol. Au final, « les banques seront peut-être sauvées, mais nous ne voyons rien qui puisse sauver les salaires, la protection sociale et les services publics ». (JK)