Bruxelles, 03/07/2012 (Agence Europe) - Vassos Shiarly, ministre des Finances chypriote, a justifié la récente demande d'aide financière internationale de son pays par l'exposition de son secteur bancaire à la Grèce, et particulièrement aux pertes subies lors de la restructuration de la dette grecque (EUROPE n°10644). « Oui, nous faisons face à un problème auquel, je crois, avec l'aide de l'Europe et la bonne volonté que nous allons recevoir de la 'troïka', nous allons remédier », a-t-il déclaré lundi 2 juillet à Strasbourg lors d'un échange de vues avec la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Il a ajouté que Chypre devait accéder aux fonds européens pour secourir son secteur bancaire mis à mal par « la participation du secteur privé » à la restructuration de la dette, une démarche « qui a laissé les banques chypriotes à découvert ».
Réunis au sein de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), les représentants des futurs créanciers institutionnels sont à Nicosie depuis lundi et pour toute la semaine afin d'évaluer la situation budgétaire et macroéconomique chypriote et l'aide dont l'île aura besoin.
Situation originale, Chypre vient en outre de prendre la relève du Danemark à la présidence semestrielle du Conseil de l'UE et aura la tâche ardue d'animer les négociations au Conseil sur les questions budgétaires et financières, alors même que son contexte économique est dégradé. L'une des priorités de la présidence chypriote consistera à œuvrer pour boucler les négociations sur le paquet législatif ('2 Pack') complétant le Pacte de stabilité révisé. Elisa Ferreira (S&D, portugaise), l'une des deux rapporteurs sur ce dossier, a d'ailleurs insisté auprès de M. Shiarly pour que le Conseil se montre « ouvert » aux amendements du PE concernant le fonds d'amortissement de la dette et la feuille de route relative aux 'euro-obligations'.
La présidence chypriote devrait également veiller à l'entrée en vigueur des nouvelles règles sur les exigences de fonds propres pour les banques, mais également à faire des progrès sur la taxation des transactions financières et à « mettre en œuvre et renforcer la gouvernance économique », a déclaré M. Shiarly.
Le ministre a également accueilli favorablement les conclusions du sommet européen des 28 et 29 juin, considérant que les décisions prises contribueraient à « restaurer la confiance de nos concitoyens européens et également celle des marchés ». Et d'ajouter que ces décisions devraient aider l'Europe à reprendre « le chemin de la croissance ». M. Shiarly a par ailleurs convenu de la nécessité de se pencher dans les plus brefs délais sur la création d'un mécanisme unique de supervision bancaire, comme le demande les leaders de l'Eurozone. Mais nous devons aussi attendre les recommandations du groupe 'Liikanen' sur la structure du secteur bancaire, a-t-il nuancé, ces recommandations étant attendues pour octobre. (EL-stag)