Bruxelles, 22/06/2012 (Agence Europe) - Le Conseil Écofin a décidé, vendredi 22 juin, de suspendre la procédure ouverte à l'encontre de la Hongrie visant à geler près de 500 millions d'euros du Fonds de cohésion destinés à cet État membre en 2013. Comme le proposait la Commission (EUROPE n°10623), il est d'avis que le gouvernement hongrois a pris les mesures nécessaires pour corriger son déficit public excessif pour 2012. La procédure de 2004 concernant le déficit excessif de la Hongrie reste néanmoins ouverte.
Fin mai, la Commission a constaté que les mesures correctives prises par les autorités hongroises permettront de ramener le déficit public à 2,5% du PIB en 2012 et de le maintenir, en 2013, bien en dessous du seuil de 3% du PIB (2,7%). La dette publique hongroise devrait tomber à 78,5% du PIB en 2012, et à un niveau encore légèrement inférieur en 2013. En 2011, Budapest avait ramené son déficit sous la barre des 3%, mais uniquement grâce à des recettes exceptionnelles (près de 10% du PIB) liées au transfert vers l'État d'actifs de régimes de pensions du secteur privé. Une mesure à effet unique qui, selon la Commission, n'avait pas conduit à une correction structurelle et durable du déficit hongrois, d'où le gel des fonds un temps proposé.
Clôture des procédures visant Berlin et Sofia. Les ministres ont par ailleurs décidé de clore les procédures pour déficit excessif ouvertes à l'encontre de l'Allemagne et de la Bulgarie, ces deux États membres ayant réduit de façon durable leur déficit public à un niveau bien inférieur à 3% du PIB national. Au total, pas moins de 21 pays font encore l'objet d'une procédure pour déficit excessif.
Après avoir atteint 4,3% du PIB en 2010, le déficit allemand a été réduit à 1% en 2011, soit deux ans avant la date limite de 2013. Le déficit devrait être maintenu à 1% en 2012. Cette amélioration franche a été permise grâce à une conjoncture favorable, un marché du travail robuste, des efforts importants de consolidation budgétaire et l'extinction progressive d'aides à la croissance et au secteur financier. S'élevant à 83% du PIB en 2010 et 81,2% en 2011, la dette publique allemande devrait remonter à 82% cette année en raison du coût des mesures de stabilisation de la zone euro, avant de revenir à 80% en 2013.
Après avoir atteint 3,9% du PIB en 2009, le déficit public bulgare s'est élevé à 3,1% du PIB en 2010 et 2,1% en 2011. Il devrait être encore réduit cette année pour atteindre 1,9% en 2012 et 1,7% en 2013. (MB)