Bruxelles, 22/06/2012 (Agence Europe) - L'Allemagne, l'Espagne, la France et l'Italie ont réaffirmé le caractère « irréversible » de la monnaie et leur volonté d'utiliser tous les « mécanismes » à leur disposition pour garantir la stabilité de l'euro, vendredi 22 juin à Rome. Les dirigeants des quatre principales économies en sont restés au niveau des principes faute d'unanimité sur les outils à employer. Néanmoins, ils estiment qu'un paquet de 130 milliards d'euros, soit 1% du PIB de l'Union européenne, est mobilisable pour stimuler la croissance et ils font valoir leur volonté de mettre en œuvre une taxation sur les transactions financières avec les pays européens qui le souhaitent dans le cadre d'une coopération renforcée (voir autre nouvelle).
« Nous avons besoin de plus d'Europe » pour affronter la crise de la dette, a estimé la chancelière allemande Angela Merkel. Favorable à une « union politique » accrue au moins au sein de l'Eurozone, elle a plaidé à la fois pour plus de solidarité mais aussi plus de contrôles au niveau européen afin de garantir le respect des règles. « Il y a une monnaie unique et 17 parlements nationaux », a-t-elle constaté, persuadée qu'une structure adéquate pour le fonctionnement de l'euro requiert des transferts de souveraineté à l'échelon européen. Selon le Premier ministre italien Mario Monti, le Conseil européen des 28 et 29 juin devra tracer « une ligne claire à moyen terme » sur la façon de renforcer l'intégration « économique, financière, bancaire, monétaire et budgétaire », seul moyen pour lui de montrer aux marchés que « 'the euro is here to stay' ».
Son homologue espagnol Mariano Rajoy a relevé plusieurs points d'accord: la nécessité de contrôler les déficits et la dette, la poursuite des réformes structurelles aux niveaux national et européen afin de flexibiliser les économies, la volonté claire de tout faire pour garantir le caractère « irréversible » de l'euro et le souhait d'approfondir l'Union économique et monétaire dans les domaines bancaire et budgétaire. Afin de diminuer les coûts d'emprunt pour les pays qui font les réformes mais sont sous la pression des marchés, les fonds de sauvetage peuvent être mobilisés pour racheter des obligations souveraines et, dans certains cas, la BCE peut agir. Le président français François Hollande a assuré que la France n'avait pas abandonné l'idée d'introduire des euro-obligations afin de mutualiser une partie des dettes excessives dans l'Eurozone, malgré les récentes déclarations du Premier ministre français Jean-Marc Ayrault selon lequel les euro-obligations ne pourront voir le jour qu'à moyen terme et supposent un transfert de pouvoirs au niveau européen. M. Hollande a néanmoins estimé qu'il n'y aurait pas de transferts de souveraineté au niveau européen s'il n'y avait pas plus de solidarité. Et de souligner l'accent mis, depuis son élection, sur la « croissance ». « 130 milliards d'euros » peuvent être mobilisés, a-t-il indiqué.
Insistant sur l'importance du respect des règles, M. Monti s'est félicité que la demande des quatre dirigeants pour plus d'Europe soit émise dans la capitale italienne où l'Europe a été créée. « Finalement, tous les chemins mènent à Rome », a-t-il conclu. (MB)