Bruxelles, 22/06/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé, jeudi 21 juin au soir, de débloquer le milliard d'euros d'aide financière pour la Grèce. Provenant d'une tranche précédemment versée notamment pour recapitaliser les banques grecques, cette somme avait été gelée par les créanciers institutionnels du pays en raison de l'absence d'interlocuteurs officiels. Suite aux élections législatives du week-end dernier, un gouvernement de coalition est désormais en place en Grèce, avec à sa barre les conservateurs du parti 'Nouvelle Démocratie' soutenus par le parti socialiste du Pasok. L'Eurogroupe s'est félicité que George Zanias, le ministre grec faisant fonction avant de laisser la place à Vasilis Rapanos, ait réaffirmé l'engagement de son pays en faveur d'un maintien dans la zone euro et du respect des engagements inscrits dans le 2ème programme grec.
« Une partie » du milliard d'euros débloqué servira à payer la contribution de la Grèce au capital initial du Mécanisme européen de stabilité (MES), a souligné le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Les ministres espèrent que le MES sera opérationnel lors de leur prochaine réunion, le 9 juillet.
Retour de la troïka. Les créanciers de la Grèce veulent avoir une idée claire de la situation budgétaire et économique en Grèce avant d'envisager une quelconque renégociation du 2ème programme d'ajustement. Première étape: le retour sur place de leur représentants réunis au sein de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI). « Nous nous attendons à ce que le futur gouvernement invite la 'troïka' lundi prochain », a indiqué M. Juncker, soulignant le caractère « urgent » de la situation. Selon la directrice générale du FMI Christine Lagarde, l'objectif de la mission consistera à « évaluer la situation, déterminer les prochaines étapes en vue de respecter les objectifs fixés ». « Nous ne sommes pas retournés là-bas depuis mars », a-t-elle rappelé, consciente que la période électorale en Grèce a ralenti, sinon gelé, la mise en œuvre du 2ème programme d'ajustement. Il faut voir « ce qui a été fait, ce qui n'a pas été fait et ce qui doit être fait » pour remettre le programme sur les rails, a souligné le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. M. Juncker a indiqué que, sur la base du rapport de la 'troïka', le mémorandum « mis à jour » comprendrait de « nouvelles mesures » à prendre avant tout versement ultérieur de l'aide financière. D'ici là, « il ne devrait pas y avoir de problème » de liquidité en Grèce, a estimé M. Rehn, la Commission suivant la situation de près.
Les partis de la coalition gouvernementale en Grèce ont fait campagne en faveur d'une renégociation du 2ème sauvetage financier. Sans remettre en cause les objectifs généraux, la 'Nouvelle Démocratie' plaide pour un délai de 2 ans supplémentaires pour respecter les objectifs budgétaires. Elle serait prête à faire plus en matière de privatisations, de réformes structurelles et de suppression de postes dans la fonction publique. M. Juncker a explicitement évoqué la possibilité d'envisager des délais accrus tout en rejetant une modification substantielle du mémorandum. Selon le programme actuel, 11 milliards d'euros d'économies ou de recettes supplémentaires pour 2013 et 2014 doivent être trouvées d'ici fin juin. (MB)