Bruxelles, 22/06/2012 (Agence Europe) - La situation dans les pays du voisinage Sud, en particulier la Syrie et l'Égypte, sont les points sensibles à l'ordre du jour de la dernière réunion des ministres européens des Affaires étrangères sous présidence danoise, lundi 25 juin à Luxembourg. Le programme nucléaire de l'Iran et l'embargo sur son pétrole, qui entre en vigueur le 1er juillet, sont également à l'agenda du Conseil, qui doit en outre adopter les cadre stratégique et plan d'action de l'UE sur les droits de l'Homme et la démocratie.
Syrie. Le Conseil évaluera la situation en Syrie et les derniers efforts diplomatiques pour mettre fin à la violence et favoriser un processus politique vers une transition pacifique dans le pays. Face à l'escalade de la violence, le Conseil va renforcer les sanctions de l'UE contre le régime syrien. Ses nouvelles conclusions sur la Syrie vont condamner la violence brutale et le massacres de civils, en particulier l'utilisation d'enfants comme boucliers humains et, une fois encore, demander l'arrêt des meurtres de civils et le retrait de l'armée des villes. Elles vont en outre mettre en garde contre l'impact pour la région d'une militarisation accrue du conflit.
Égypte. Le Conseil débattra des derniers développements en Égypte, en particulier des résultats du second tour de l'élection présidentielle le 17 juin dernier, et des récentes décisions de la Cour constitutionnelle suprême égyptienne, en particulier la dissolution du parlement et la déclaration constitutionnelle du 17 juin. L'octroi d'une assistance macro-financière de l'UE reste, à ce stade, suspendue à un accord entre l'Égypte et le FMI, ont précisé les services du SEAE, vendredi 22 juin.
Iran. Au déjeuner, la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton fera le point avec les ministres sur les pourparlers avec l'Iran concernant son programme nucléaire, notamment les résultats des réunions du 23 mai à Bagdad et des 18/19 juin à Moscou. Les ministres évoqueront l'embargo sur le pétrole iranien par les 27 États membres de l'UE sans exception le 1er juillet, et réaffirmeront leur prise en considération des difficultés de la Grèce.
Pakistan. Le Conseil débattra des relations avec le Pakistan, après la visite à Islamabad de la Haute représentante de l'UE les 5 et 6 juin. Les ministres adopteront des conclusions saluant le lancement du dialogue stratégique UE/Pakistan dans le cadre du plan d'engagement quinquennal adopté en janvier portant sur une coopération accrue dans les domaines de la politique, de la sécurité, de la démocratie, du commerce et de l'investissement, de l'énergie et des migrations. Les conclusions marqueront les attentes de l'UE relatives aux prochaines élections, et sa disposition à déployer une mission d'observation électorale. Le Conseil doit aussi adopter la stratégie de l'UE sur la sécurité et de contre-terrorisme avec le Pakistan.
Droits de l'homme. Le Conseil doit adopter le cadre stratégique de l'UE pour les droits de l'Homme et la démocratie, et de brèves conclusions soulignant la détermination des Vingt-sept à promouvoir les droits de l'Homme et la démocratie à travers le monde, tant par son exemplarité dans ses frontières que par leur prise en compte dans toutes ses politiques extérieures - commerce/investissement, coopération au développement, lutte contre le terrorisme et la PSDC. La promotion des libertés d'expression et de réunion, de la liberté de religion et de conviction, la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes et l'abolition de la peine de mort sont les objectifs prioritaires de ce cadre stratégique dont la mise en œuvre repose sur un plan d'action établi pour une première série de pays pilotes (Bénin, Bolivie, Ghana, Indonésie, Kirghizistan, Liban, Moldavie, Mongolie, îles Maldives, Philippines, République de Centrafrique et îles Salomon) et d'autres actions incluant l'intégration des droits de l'Homme dans l'évaluation d'impact des propositions législatives européennes, la promotion de la ratification des traités internationaux relatifs aux droits de l'Homme, l'inclusion des droits de l'Homme dans les modalités de l'aide de l'UE aux pays tiers, et l'examen de la situation des droits de l'Homme dans le cadre des accords de libre-échange avec les pays tiers.
Bosnie-Herzégovine. Le Conseil débattra des derniers développements dans le pays après la réunion du conseil de mise en œuvre de la paix du 23 mai, et pourrait adopter des conclusions. L'UE considère que la Bosnie-Herzégovine, candidat potentiel à l'adhésion mais avec lequel l'accord de stabilisation et d'association signé en 2008 n'est toujours pas entré en vigueur, doit mettre sa constitution en ligne avec la Convention européenne sur les droits de l'homme. L'UE reste présente dans le pays dans le cadre de la PSDC - opération Eufor-Althea - mais sa mission de police, opérationnelle depuis 9 ans, s'achève le 30 juin prochain.
Divers. Mme Ashton coprésidera lundi après-midi une réunion ministérielle conjointe du Conseil de coopération du Golfe. Le chef de la diplomatie danoise Villy Sovndal présidera mardi une réunion du Conseil de coopération entre l'UE et la Moldavie, qui accouchera de la signature de deux accords, l'un sur un espace aérien commun, l'autre sur la protection des indications géographiques. Enfin, le commissaire Stefan Füle évoquera devant le Conseil le dossier du Belarus, la délégation française la situation dans le Sahel. (EH)