Bruxelles, 20/06/2012 (Agence Europe) - La crise de la dette souveraine dans la zone euro - dont les retards dans le rétablissement de l'économie grecque et les coûts de refinancement difficilement soutenables de la dette espagnole en sont les manifestations les plus aiguës - ainsi que les actions à entreprendre pour y faire face ont constitué l'élément central des préoccupations du sommet du G20, réuni lundi 18 et mardi 19 juin à Los Cabos (Mexique). « Lors de nos discussions, l'accent a été mis sur la situation dans la zone », n'ont pas caché les présidents du Conseil européen M. Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Barroso, dans leur déclaration conjointe finale. Reconnaissant leur part de responsabilité dans les problèmes économiques de la planète, les Européens refusent néanmoins de porter seuls le chapeau, pointant du doigt les déséquilibres macroéconomiques liés à la dette abyssale américaine et les énormes surplus chinois. « L'Europe n'a de leçon à recevoir de personne », avait estimé lundi soir un président de la Commission visiblement agacé, notant que l'Europe n'était pas le point de départ de la crise financière de 2008 et que tous les pays à la table du G20 n'étaient pas de véritables démocraties.
Le communiqué final du sommet accorde une place de choix aux actions entreprises pour remédier aux dysfonctionnements de la monnaie unique. Le G20 note que les pays de la zone euro qui en sont membres prendront « toutes les mesures nécessaires » pour garantir l'intégrité de la zone et casser le cercle vicieux entre la dette publique et les banques. Le sauvetage du secteur bancaire espagnol transitera par l'État et accroîtra sa dette publique, malgré le combat mené par le gouvernement espagnol pour modifier les règles régissant les fonds européens de soutien financier (EUROPE n°10637). Le G20 accueille d'ailleurs favorablement l'aide maximale de 100 milliards d'euros promise par l'Eurogroupe pour recapitaliser les banques espagnoles. Il est d'avis que le Pacte budgétaire combiné à des « politiques stimulant la croissance », aux réformes structurelles et à des mesures visant à renforcer la stabilité financière constituent « des étapes importantes vers une intégration budgétaire et économique accrue conduisant à des coûts d'emprunt soutenables ». Et d'appuyer la démarche de l'Eurozone qui conduira à renforcer l'Union économique et monétaire à travers « une architecture financière plus intégrée englobant, dans le domaine bancaire, la supervision, la gestion des défaillances, la recapitalisation et les garanties des dépôts ».
« Nos partenaires reconnaissent qu'une Union européenne forte et profondément intégrée est déterminante pour la stabilité globale. Cette reconnaissance reflète l'élan en cours de formation en Europe. L'UE est déterminée à faire la preuve du caractère irréversible de l'euro et du projet européen », se félicitent M. Van Rompuy et M. Barroso.
Déséquilibres économiques. Comme il le fait à chaque sommet, le G20 prône un rééquilibrage des grands déséquilibres mondiaux. Les pays en situation de surplus budgétaire, comme l'Allemagne ou la Chine, devraient soutenir la croissance intérieure. Les États-Unis sont invités à faire des efforts en matière de consolidation de leurs finances publiques tout en évitant « une contraction budgétaire aiguë en 2013 ». À Los Cabos, les pays BRICS ont annoncé le montant de leur contribution additionnelle aux ressources du FMI. En revanche, en matière fiscale, le communiqué ne fait aucune mention de la taxation sur les transactions financières (voir autre nouvelle). (MB)