Bruxelles, 20/06/2012 (Agence Europe) - Il reste du chemin à parcourir pour arriver à un compromis sur les nouveaux programmes en faveur de l'éducation, de la jeunesse, de la culture et des médias (« Erasmus pour tous » et « Europe créative ») qui satisfasse la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil des ministres. Les discussions entre la commissaire en charge de l'éducation, de la jeunesse, de la culture et du multilinguisme Androulla Vassiliou et les députés de la commission « éducation et culture » du Parlement européen le 19 juin ont tourné au dialogue de sourds, et de l'aveu même de Mme Vassiliou, il faudra faire des concessions de part et d'autre pour aboutir à un accord. La commissaire Vassiliou a tenté de convaincre une nouvelle fois les députés de l'utilité de fondre en un seul programme « Erasmus pour tous » les actions existantes en matière d'éducation et de jeunesse, pour renforcer la cohérence, faire tomber les barrières artificielles entre les programmes actuels, encourager les synergies, effectuer un recentrage sur les priorités, avec un financement conséquent à l'appui. Les mêmes arguments ont été répétés pour le programme « Europe créative » qui réunira sous un seul chapeau le programme culture et le programme MEDIA actuels: il faut créer un nouvel outil efficace qui mette en exergue la valeur intrinsèque de la culture tout en ne reniant pas les aspects économiques du secteur créatif, estime la commissaire.
L'appellation même du programme « Erasmus pour tous » crispe d'emblée la présidente de la commission parlementaire Doris Pack (PPE, allemande). Donner à ce programme multiforme le nom du célèbre programme actuel « Erasmus » prête à confusion et lui accoler un « pour tous » « est un mensonge, car ce programme n'est pas pour tous », s'énerve la députée. Quant à Petra Kammerevert (S&D, allemande), elle s'est dite abasourdie par les propos de la commissaire qui n'ont pas changé d'un iota après six mois de discussions. « Nous ne sommes pas contre un programme cohérent, mais les gens doivent savoir quelle partie du programme est bon pour eux », a-t-elle souligné, résumant le sentiment général des députés, à savoir que les deux programmes ressemblent à un maelström confus qui ne répond pas à l'objectif de cohérence visé. Plusieurs députés ont exprimé aussi leur crainte de voir les actions actuelles en matière de jeunesse déforcées au sein d'un programme global. Ils estiment aussi que l'éducation informelle n'est pas suffisamment mise en valeur. Aux craintes renouvelées de voir le programme MEDIA perdre sa crédibilité et son efficacité au sein d' « Europe créative », Androulla Vassiliou a une nouvelle fois répété que le programme MEDIA, s'il n'aura plus d'existence propre, restera une branche clairement séparée dans le nouveau programme, et gardera toute sa spécificité et son indépendance. « Nous ne sommes pas encore en négociations, je devrai faire des concessions, mais pour cela je dois vous écouter et écouter le Conseil », s'est défendue la commissaire, pour conclure les débats. (IL)