Bruxelles, 14/06/2012 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel a rejeté toute « solution miracle » de court terme pour en finir avec la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone, jeudi 14 juin devant le Bundestag allemand, rapporte Reuters. Au contraire, une tâche « herculéenne » attend les Européens afin de parvenir, au moins à Dix-sept, à une union politique et bancaire renforcée, a-t-elle ajouté. Pour l'Allemagne, tout effort de solidarité supplémentaire devrait forcément s'accompagner d'un transfert de compétences du niveau national vers l'échelon européen.
La chancelière s'est notamment dite favorable à ce que la BCE soit dotée de compétences accrues en matière de supervision bancaire. « Je n'aurais rien contre donner un rôle plus contraignant, plus fort à la BCE dans ce domaine », a-t-elle indiqué, persuadée de la nécessité d'avoir « une autorité de supervision plus indépendante ». Selon Mme Merkel, l'Autorité européenne de supervision bancaire (EBA) est trop dépendante des régulateurs nationaux et elle a sous-estimé les problèmes des banques espagnoles.
Le Traité de Lisbonne (article 127.6) autorise le Conseil européen à octroyer plus de compétences à l'Institut de Francfort dans ce domaine. La France serait également favorable à un rôle accru de la BCE en matière de supervision bancaire. Fin juin, lors du Conseil européen, le président français François Hollande souhaiterait plaider pour permettre aux fonds européens de sauvetage (FESF et MES) de soutenir directement un secteur bancaire en difficulté, sans passer par l'État du pays concerné comme cela a été décidé pour l'Espagne. Il voudrait également remettre sur la table une proposition française récurrente d'octroyer aux fonds européens de sauvetage une licence bancaire afin de leur donner un accès illimité à la BCE.
À quelques jours du G20 de Los Cabos (18-19 juin), Mme Merkel a mis en garde contre la tentation de faire reposer le sauvetage de la zone euro sur les seules épaules de l'Allemagne, les forces de son pays n'étant « pas illimitées ». À tous ceux qui réclament plus d'engagement de Berlin, une mutualisation partielle de la dette souveraine à travers des euro-obligations, un système européen de garantie des dépôts, « à tous ceux-là je leur dis: oui, l'Allemagne est forte, elle est le moteur de l'économie et le pôle de stabilité en Europe », mais tous les programmes d'aide financière « résonneront dans le vide si on surestime les forces de l'Allemagne », a-t-elle estimé. (MB)