Bruxelles, 14/06/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, jeudi 14 juin, des lignes directrices qui expliquent, sans être contraignantes, comment interpréter la législation européenne en faveur des passagers aériens à mobilité réduite. Depuis 2008, une législation européenne garantit un accès non discriminatoire aux voyages en avion, pour les personnes handicapées ou à mobilité réduite. Or, la législation est appliquée de façon différente selon les opérateurs, ou les aéroports, au point de s'avérer en fin de compte discriminante, comme certains cas particuliers l'ont démontré. Pour s'assurer que tous les citoyens européens peuvent se déplacer en avion, en dépit de leur handicap, la Commission a jugé bon de clarifier un certain nombre de choses. « Les personnes handicapées se heurtent déjà à de nombreuses difficultés au quotidien. Il est inutile que les aéroports en rajoutent », explique Siim Kallas, le commissaire européen chargé du Transport.
Cette lecture éclairée de la législation européenne rappelle que des personnes mal voyantes ou mal entendantes, ou simplement ayant recours à des béquilles par exemple de façon temporaire, sont aussi considérées comme des personnes à mobilité réduite. La Commission leur recommande de prévenir au moins 2 jours à l'avance les compagnies aériennes (seules 40% le font actuellement), afin que les dispositions nécessaires soient prises. L'appel téléphonique à cette fin devrait être gratuit. Il ne devrait pas être exigé des personnes handicapées de fournir des certificats médicaux, ni d'être accompagnées pour voyager par avion. Si toutefois un accompagnateur est indispensable, celui-ci devrait pouvoir voler à moindre frais, voire gratuitement. Enfin, les passagers devraient pouvoir emporter gratuitement deux pièces d'équipement de mobilité. Pour les fauteuils roulants électriques, la compagnie devrait être alertée au préalable. Pour le matériel à oxygène, elle devra fournir une autorisation.
M. Yannis Vardakastanis, président du Forum européen des personnes handicapées, a estimé que
« les orientations interprétatives traitent parfaitement cette question. La Commission a choisi une approche équilibrée qui permet de défendre à la fois les intérêts des passagers handicapés et ceux des passagers à mobilité réduite ». Son association recommande particulièrement la formation du personnel à cette fin. L'interprétation prévaut pour les passagers de compagnies aériennes européennes sur des vols se faisant en partie en Europe. (MD)