Bruxelles, le 14/06/2012 (Agence Europe) - Le rapport croisé des experts nationaux et de la Commission européenne sur la sûreté des centrales nucléaires européennes présente des lacunes, selon Greenpeace. L'ONG environnementaliste a commissionné des experts indépendants afin d'analyser les conclusions qui seront présentées vendredi 15 juin aux ministres européens de l'Énergie.
Des insuffisances alarmantes d'énergie de réserve. Les chercheurs de Greenpeace estiment qu'en cas de désastre, de nombreux réacteurs ne s'appuieraient que sur quelques générateurs diesel de secours. Certaines centrales seraient ainsi incapables de faire face à un tremblement de terre ou à des inondations. De plus, à travers le continent, la protection radiologique serait inadéquate dans certaines installations de stockage de dangereux combustibles usés.
De nombreux scénarios de désastres ignorés. En outre, les rapports des régulateurs ignorent les crashs d'avion et font l'impasse sur les plans d'évacuation d'urgence. Ce, en dépit du fait que certaines villes européennes se situent à moins de dix kilomètres de centrales nucléaires.
Peu de cohérence dans les conclusions, qui rendrait difficile voire impossible la comparaison entre les centrales. Pour Roger Spautz, militant de Greenpeace, les tests réalisés par les experts nationaux et de la Commission, dont les résultats sont supposés rétablir la confiance, ont seulement l'effet opposé. « Des questions difficiles ont été silencieusement abandonnées, dont certaines en lien avec le genre de scénarios catastrophes vus au Japon. S'ils veulent une réelle image du risque nucléaire, les gouvernements devraient renvoyer le rapport avec une note disant: 'plus de résistance est nécessaire' », insiste-t-il.
Le rapport des régulateurs constitue la troisième et dernière étape des tests de résistances menés à la suite de la catastrophe de Fukushima, en mars 2011 au Japon (EUROPE n°10612). Le rapport final de la Commission européenne doit être présenté à l'automne. (EL-stag)