Bruxelles, 14/06/2012 (Agence Europe) - En quête de matières premières pour son industrie, l'UE signe un accord de coopération avec le Groenland, région autonome danoise riche en ressources minérales.
L'accord conclu le 14 juin à Nuuk, sous la forme d'une lettre d'intention signée par les commissaires à l'Industrie Antonio Tajani et au Développement Andris Piebalgs et le Premier ministre du Groenland, Kuupik Kleist, prévoit une coopération accrue sur les matières premières entre l'UE et la région autonome danoise, au plan des infrastructures, des investissements et capacités en matière de prospection et d'exploitation.
À l'heure actuelle, 15% seulement des sociétés exerçant des activités de prospection sur le territoire du Groenland sont européennes (elles sont d'origine danoise, allemande, tchèque ou britannique), tandis que 58% sont canadiennes ou australiennes. Bien que trois des quatre licences d'exploitation aient été accordées à des entreprises européennes, celles-ci participent peu aux activités de prospection en cours et ne possèdent que quelques licences de prospection, la plupart détenues par le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Danemark.
« Ce type de coopération offre une solution 'gagnant-gagnant' pour les deux parties. Pour l'Europe, elle est la garantie que l'industrie européenne sera en mesure de continuer à jouer un rôle de premier plan en matière de nouvelles technologies et d'innovation », assure le commissaire Tajani. Cet accord garantit en effet à l'industrie européenne un meilleur accès à des ressources minérales indispensables pour ses activités. La position géostratégique du Groenland en Arctique et sa richesse en pétrole et en minéraux (fer, zinc, niobium, tantale, terres rares, rubis et molybdène) en font même « un partenaire stratégique à long terme ». La région autonome danoise offre un potentiel particulièrement élevé pour six des quatorze matières premières critiques identifiées par l'exécutif européen (niobium, métaux du groupe du platine, terres rares et tantale) et modéré pour trois autres éléments. Le Groenland est en outre connu pour contenir des gisements de terres rares, un groupe de 17 minéraux très prisés par l'industrie high-tech, et dont le marché mondial se trouve en pénurie relative avec les restrictions à l'exportation par la Chine, à l'origine de 97% de la production mondiale, et détentrice de 35% des réserves. La part du Groenland dans le total des ressources de terres rares, qui s'élève actuellement à 3,44% (près de 4,89 millions de tonnes), pourrait tripler dans les prochaines années. S'il a une large valeur économique, l'accord conclu jeudi a aussi une dimension développement, jure l'exécutif européen. Pour le commissaire Piebalgs, il « confirme l'engagement de l'UE à soutenir le Groenland dans ses efforts pour exploiter pleinement le potentiel d'un secteur qui pourrait devenir un levier important pour la diversification de son économie ». (EH)