Bruxelles, 14/06/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen ne souhaite pas que le Conseil autorise l'ouverture de négociations commerciales avec le Japon tant qu'il n'aura pas arrêté sa position sur le mandat de négociation pour la Commission. Les députés sont en particulier inquiets pour le secteur automobile.
Dans une résolution adoptée en plénière par 517 voix pour, 74 voix contre et 89 abstentions, mercredi
13 juin, à Strasbourg, le Parlement prie le Conseil d'attendre ses propositions avant d'entamer des négociations sur un accord de libre-échange avec le Japon, accord qu'il devra approuver en bout de course.
Pendant le débat avec le commissaire au Commerce Karel De Gucht, qui a annoncé le 31 mai la fin de l'exercice de délimitation du champ de l'accord (scoping exercise) et attend désormais l'octroi d'un mandat de négociation par le Conseil, les députés ont dit douter que le Japon soit prêt à supprimer les obstacles non- tarifaires à ses marchés publics, pharmaceutiques, et, en particulier, de l'automobile. Rappelant leur demande de 2011 en faveur d'une feuille de route sur la levée des obstacles non tarifaires nippons, les députés, quoique attachés à un renforcement des liens commerciaux avec la troisième économie mondiale, n'ont pas vu leurs doutes se dissiper depuis sur la volonté de Tokyo de répondre aux exigences européennes.
« Le Japon doit d'abord démontrer qu'il est prêt à ouvrir son marché », insiste le groupe PPE, dans un communiqué signé par l'Allemand Daniel Caspary et le Polonais Jaros³aw Leszek Walesa. « Tant que le Japon conserve son marché fermé et rend la vie difficile aux entreprises européennes, ce projet d'accord de libre-échange doit être mis en attente. Avant que l'UE s'asseye à la table des négociations, nous voulons voir de l'action du côté du Japon », en particulier en matière de marchés publics, insistent-ils. Les conservateurs sont a à l'origine de la résolution soutenue par les socialistes, les verts et les communistes.
De leur côté, les libéraux, qui n'ont pas n'ont pas soutenu le texte, déplorent « la pusillanimité contre productive » du Parlement et du Conseil à ouvrir des négociations commerciales avec le Japon. « Nous ne pouvons pas manquer cette opportunité. Le potentiel recélé par la suppression des barrières non-tarifaires, la réduction drastique des droits de douane, l'abolition des restrictions d'accès aux marchés publics pourrait se chiffrer en milliards pour nos entreprises et créer les emplois. Lancer des négociations ne veut pas dire que nous devons les conclure. Un mandat doit être donné à la Commission mais il doit être clair que si le Japon ne joue pas le jeu, en particulier concernant l'industrie automobile et les marchés publics, alors nous annulerions ces négociations », explique le Bulgare Metin Kazak, dans un communiqué. (EH)